Les kofuns sont des monuments funéraires (tumuli) japonais entre le IIIe et le VIIe siècle, qui ont donné leur nom à la période Kofun. Ces vestiges archéologiques représentent une source contemporaine d'informations japonaises très précieuse puisque les sources écrites nippones sont postérieures (début du VIe siècle).

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Ces tumuli, dont la forme a varié au cours des siècles, sont généralement, vus de haut, en forme de trou de serrure (trapèze surmonté d'un cercle) mais peuvent être aussi ronds, octogonaux, carrés, rectangulaires, etc. La chambre funéraire, qui pouvait être peinte, se trouve dans la partie ronde, tandis que la partie arrière accueillait les offrandes. On y disposait dessus et tout autour des haniwas (petites figurines) qui délimitaient cet espace sacré et le protégeaient. Le tertre pouvait également être entouré de fosses contenant de l'eau qui symbolisaient alors la séparation entre le monde de la mort et celui de la vie.

Les plus anciens kofuns, construits au sommet de collines, se trouvent dans le Kinai et sont datés de la seconde moitié du IIIe siècle. On plaçait un cercueil en bois au fond d'un puits creusé à cet effet qu'on recouvrait de grosses pierres et de terre. On les décorait ensuite à leur sommet de haniwas. Les objets caractéristiques de cette période sont des miroirs en bronze, des colliers de magatama (ornement de la protohistoire du Japon, en forme de virgule, en ambre, pierre, jade, aux vertus magiques telle une amulette).  

Les kofuns en trou de serrure se multiplient à la fin du IVe - début du Ve siècle dans la région d'Osaka, ce qui atteste du développement d'un pouvoir central autour de cette région. On y compte aujourd'hui 136 tombes impériales et 148 liées à l'entourage royal. Le volume des kofuns augmente. Ils sont construits sur des terrasses et sont cernés de sortes de douves. Des monticules annexes contenant un mobilier funéraire font leur apparition. Ils contiennent principalement des armes et des armures en fer ou en bronze, parfois doré. Ces objets, appartenant visiblement au monde des archers et des cavaliers, témoignent de l'apparition d'une nouvelle culture équestre et militaire.

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Kofun de Sakai - Vu du ciel, on voit bien la forme caractéristique en trou de serrure.

La fin de la période est caractérisée par une augmentation importante du nombre de kofuns et la réduction de leur taille. Des kofuns collectifs apparaissent également au VIIe siècle, utilisés par la population. Le mobilier funéraire se fait de plus en plus utilitaire et encombre la sépulture. Dans la région de Nara, vers la fin du VIe siècle, les kofuns disparaissent progressivement, mais la région de Tokyo connait l'âge d'or des kofuns jusqu'au VIIIee siècle. Leur disparition est liée à la propagation du bouddhisme.
 
Les kofun impériaux n'ont toujours pas été explorés car ils sont considérés comme des tombes privées et non comme un bien culturel. L'Agence impériale, qui est chargée de leur gestion, bloque les recherches archéologique par souci de gestion et de conservation du patrimoine, pour des raisons religieuses et culturelles. Les chercheurs ont cependant des autorisations très occasionnelles d'y pénétrer lorsque ces tertres nécessitent des travaux de restauration.
 
Les chambres intérieures des kofuns pouvaient être décorées. Les plus anciennes, jusqu'à la deuxième moitié du VIe siècle, comportent des triangles peints en rouge et en noir. Dans le Kyūshū, les chambres funéraires de la dernière période comportent des parois et des sarcophages ornés de motifs incisés ou peints. Les couleurs alors utilisées sont le rouge, le noir, le jaune, le blanc et le vert. Les motifs dominants, à partir de la seconde moitié du VIe siècle, sont en rapport avec le dernier voyage de l'âme (chevaux, oiseaux, bateaux) ou abstraits (spirales magiques, cercles concentriques, doubles boucles en C). Ces derniers (chokkomons) deviendront par la suite une des dominantes de l'art japonais. On les trouve essentiellement sur les lieux ou objets associés aux sépultures. 

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Celui qui est attribué à l'empereur « légendaire » Nintoku (313 - 399), près de Sakai dans la région d'Ōsaka, est l'une des plus grandes sépultures du monde car l'ensemble mesure, avec les douves (trois fossés, dont un large et un étroit, pleins d'eau et entourés de bandes de terre boisée), 320.000 m2. Le tertre mesure, pour sa part, 725 m de long, 305 m de large et 35 m en son point le plus haut. La partie ronde est constituée de trois vastes niveaux. Le site contient un grand nombre de haniwas sur son sommet et ses contours.  

Il n'a jamais été fouillé mais l'effondrement de la partie principale en 1872 a mis au jour la chambre funéraire. Elle contient un sarcophage de pierre d'un volume de 9,5 m³ et un mobilier funéraire contenant notamment des armures en bronze doré, des armes de fer et de bronze et un vase en verre perse.

Le monument est entouré d'une dizaine d'autres petites tombes. L'une d'elles, fouillée en 1912 a révélé de nombreux miroirs, perles et ornements divers dont un magatama de jade d'une longueur exceptionnelle de 8 cm.

D'après Wikipédia