Lorsque j'ai visité cet endroit, j'avoue que j'ai été très déçue... non pas par la symbolique du lieu, mais par la foule. Ils font entrer bien trop de gens, on est serrés jusqu'au malaise, on ne voit rien sur les côtés, on ne peut pas s'arrêter, porté par le mouvement du groupe. On n'a vu que le plafond... sans pouvoir s'attarder... Et comme il est très haut, à vrai dire, on ne distingue pas grand-chose. Quel dommage ! Quel dommage ! Par ailleurs, il faut savoir que, d'extérieur, la chapelle ne ressemble pas à l'idée qu'on peut s'en faire : le bâtiment est assez austère, serré parmi d'autres, sans signe religieux. On n'y accède pas directement mais par le Musée du Vatican, dont elle fait aujourd'hui partie.

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La chapelle Sixtine, appelée originellement chapelle de Sixte est l'une des salles des palais pontificaux du Vatican. C'est là que, traditionnellement depuis le XVe siècle, les cardinaux réunis en conclave élisent le nouveau pape.

La plus grande chapelle du Vatican doit son nom au pape Sixte IV, qui la fit bâtir de 1477 à 1483. Elle est consacrée lors de la fête de l'Assomption, le 15 août 1483. Sa voûte, décorée de fresques achevées par Michel-Ange en quatre ans, est inaugurée par Jules II le 31 octobre 1512. Le mur du fond comporte une immense fresque illustrant le Jugement dernier, peinte près d'un quart de siècle plus tard par Michel-Ange et dévoilée par Paul III, après six ans de travaux, le 1er novembre 1541. 

Ses architectes présumés sont Baccio Pontelli et Giovannino de' Dolci. Elle comprend un souterrain, un entresol et la chapelle proprement dite. Elle est ceinte, en hauteur, d'un chemin de garde défensif. Son plan est simple : c'est une salle rectangulaire de quelque 40 mètres de long sur 13 mètres de large et 21 mètres de hauteur (on peut noter que 21 : 13 = 1,61, ce qui correspond au nombre d'or souvent utilisé par les architectes de jadis), coiffée d'une voûte en berceau et éclairée de douze fenêtres cintrées. Le sol est recouvert de marbres polychromes. Une transenne grillagée sépare l'espace réservé aux clercs de celui accessible aux laïcs.

La chapelle doit surtout sa célébrité à son exceptionnelle décoration. Chaque jour, quelque 10.000 touristes la visitent, avec des pointes de 20.000 personnes aux périodes d'affluence. Cette concentration humaine provoque de multiples exhalaisons de gaz carbonique et risque, à terme, d'endommager les peintures...

Histoire

Dès 1368 est mentionnée l'existence d'une chapelle papale, la Cappella Maggiore ou Capella Magna, destinée à accueillir les célébrations liturgiques ou cérémonielles de la cour pontificale ainsi que les conclaves depuis celui de 1492.

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Pendant la papauté d'Avignon, la ville de Rome subit de graves troubles civils. Plusieurs monuments chrétiens sont abandonnés ou tombent en ruines. La « Capella magna » est délabrée, si bien qu'après le retour des papes à Rome en 1455, les conclaves doivent se tenir dans la Cappella Parva.

Des travaux de rénovation sont commandés par le pape Sixte IV, lors de son jubilé de 1475. Le projet est confié à deux architectes dont le nom (Baccio Pontelli et Giovannino de' Dolci) a néanmoins été avancé sans preuve décisive. Ils auraient reproduit les dimensions du temple de Salomon. Les travaux débutent en 1477 et sont achevés vers la fin 1480. La chapelle est fortifiée en guise de défense contre de nombreux ennemis potentiels, tels la Seigneurie de Florence ou les Turcs de Mehmed II. Sa structure, recouverte d'une couche de briques, est couronnée d'une voûte en berceau maçonnée remplaçant la précédente construction en bois. Un jubé - ou plus précisément une transenne (porte ou fenêtre ajourée) - divise la chapelle en deux parties. Le sol comprend deux niveaux, dont un étage supérieur percé de douze hautes fenêtres cintrées. Les conclaves pourront s'y dérouler de nouveau à partir du XVIe siècle, les cardinaux siégeant sur des banquettes en pierre qui longent les trois côtés.

Les fresques sont réalisées, entre 1481 et 1482, par les meilleurs peintres florentins, ombriens et toscans de l'époque (Domenico Ghirlandaio, Sandro Botticelli, Cosimo Rosselli, Pinturicchio, Luca Signorelli et le Pérugin). Sixte IV consacre la nouvelle chapelle, dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, le 15 août 1483. Ses emblèmes peints et sculptés (des feuilles de chêne et des glands, armes parlantes de son patronyme Della Rovere, qui signifie du chêne en italien), parsèment le décor.

Les artistes se sont amusés à glisser de nombreux clins d'œil dans leurs peintures, et notamment à y cacher des portraits de leurs contemporains.

Le plafond

La décoration du plafond est commandée par le pape Jules II, au début de son pontificat (1503-1513), pour remédier aux désordres causés par la construction de la basilique Saint-Pierre et de la tour Borgia, qui ont déstabilisé la chapelle. En 1504, une longue fissure provoque des dégâts si importants que le pape charge Michel-Ange de refaire la décoration de l'édifice. 

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Dessin du XIXe - La chapelle avant la peinture du plafond par Michel Ange

Michel-Ange dessine de nombreuses études et cartons préparatoires et conçoit des dizaines de personnages aux poses variées. Le travail est démesuré et ne peut qu'affecter sa santé. Toutefois, l'image d'un Michel-Ange peignant couché semble tenir de la légende. Une esquisse de Michel-Ange dans la marge d'un sonnet adressé à Giovanni di Benedetto da Pistoia le représente d'ailleurs debout la tête inclinée vers l'arrière et le bras tendu vers le haut.

Ces représentations impressionnantes, qui démontrent une parfaite maîtrise du mouvement des corps et de l'anatomie humaine, ont radicalement transformé la peinture occidentale. En août 1510, Michel-Ange a terminé la première moitié de la voûte, du mur d'entrée jusqu'à la Création d’Ève. Les travaux sont probablement achevés avant le 31 octobre 1512, où Jules II préside les vêpres solennelles de la Toussaint avant de célébrer la messe dès le lendemain. 

Le Jugement dernier  

Le Jugement dernier est une fresque peinte par Michel-Ange, alors âgé de 60 ans, sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine. Commandé par le pape Clément VII, le travail dure six ans et est inauguré par son successeur Paul III le 1er novembre 1541.

En 1532, Michel-Ange revient à Rome après un séjour de plusieurs années à Florence, où il a pris parti contre Clément VII dans le conflit qui l'opposait à l'empereur Charles Quint. Le pape, qui a pardonné, lui demande de remplacer les peintures des deux extrémités de la chapelle Sixtine par deux grandioses représentations : la Chute des anges rebelles et le Jugement dernier. En septembre 1534, Clément VII meurt et Michel-Ange espère pouvoir renoncer à cette tâche écrasante pour se remettre au tombeau de Jules II, qu'il regrette de n'avoir pu achever. Mais le nouveau pape Paul III entend que le projet de son prédécesseur soit mené à terme. Michel-Ange ne peut se dérober. Toutefois seul le Jugement dernier sera exécuté. La Chute des anges rebelles est confiée à Matteo da Leccio, collaborateur de Michel-Ange, mais le projet n'aboutit pas.  

La fresque s'étend sur un vaste mur de 20 mètres de haut sur 10 mètres de large, en forme de double lunette. Michel-Ange y compose une scène saisissante. À la fois ordonnée et bouillonnante, elle offre une vision torturée très éloignée de la calme majesté des représentations traditionnelles.

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À l'époque, l'œuvre fait scandale car ses quelque quatre-cents personnages sont entièrement nus, y compris le Christ. Paul IV envisage même de détruire la composition mais il se contente d'en faire voiler pudiquement certains personnages par Daniele da Volterra, qui y gagne le surnom d'il braghettone (le culottier). Au XVIIe siècle, Clément XII fait ajouter d'autres voiles. Cette entreprise se poursuivra encore en plein XXe siècle, sous le pontificat de Pie XI.
 
Une restauration générale de la chapelle Sixtine a eu lieu de 1981 à 1989. Elle a été financée par la Nippon Television Network Corporation, en échange d'un droit sur les images. À la place des tons sombres et enfumés qui avaient valu à Michel-Ange le surnom de « terrible souverain de l'ombre », on a découvert des couleurs étonnantes mais néanmoins typiques du maniérisme : de hardis roses pastel, des jaunes citron, des verts acides, des bleus lapis-lazuli, des mauves saturés... Jadis dissimulée par l'encrassement, ces couleurs chatyantes sont aujourd'hui clairement visible. La polémique se poursuit cependant quant au bien-fondé de cette restauration : elle aurait notamment supprimé des ombres ajoutées par Michel-Ange au noir de charbon, en surface des peintures et non dans leurs pigments.

D'après Wikipédia