Bâle (Basel en allemand) est la troisième ville de Suisse. La commune compte 175 131 habitants en 2015. L'agglomération bâloise est tri-nationale, puisqu'elle englobe notamment les villes de Saint-Louis et Huningue, en Alsace, et de Weil am Rhein et Lörrach dans le Bade-Wurtemberg. En allemand, la région est connue sous le nom de Dreiländereck (littéralement : l'angle des trois pays), en français « district des trois frontières ».

Z04 

À Bâle se trouve le dernier port du Rhin accessible aux péniches. Quelques dizaines de kilomètres en amont, à Schaffhouse, les chutes du Rhin sont un obstacle majeur à la navigation fluviale.

La ville de Bâle est célèbre pour son carnaval riche en couleurs, pour Baselworld, une foire annuelle dédiée à l'horlogerie et à la bijouterie, et pour Art Basel, la plus importante foire annuelle d'art contemporain d'Europe, qui se tient vers la mi-juin.

Il y a plus de 2000 ans, les Celtes occupaient déjà ce territoire où viennent s'installer successivement plusieurs peuplades, dont les Rauraques. Cependant, c'est l'Empire romain qui donne à Bâle ses plus beaux vestiges. À l'origine, un avant-poste défensif est installé sur la colline où s'élève aujourd'hui la cathédrale. En 44 av. J.-C., Lucius Munatius Plancus fonde une colonie romaine, Colonia Raurica, rebaptisée plus tard Augusta Raurica, située à Augst, à une dizaine de kilomètres de Bâle. Ce lieu est actuellement un site touristique très fréquenté. Ce n'est qu'après sa destruction par les Alamans, au IVe siècle, que Bâle commence à prendre de l'importance. Le nom de Basilea est mentionné pour la première fois à l'occasion de la visite de l'empereur Valentinien Ier, en 374. 

Dans le monde chrétien, Bâle est vers 740, au temps des Carolingiens, le siège administratif de l'évêché de Bâle et le reste jusqu'à la Réforme au XVIe. Pendant plusieurs siècles, Bâle est gouverné par des évêques qui deviennent, sous le règne de l'empereur Henri II, des princes d'Empire. En 917, la ville est ravagée par les Magyars, mais rapidement reconstruite.

z05

Remparts

De 1006 à 1648, Bâle fait partie du Saint-Empire romain germanique. Henri II préside à la consécration de la cathédrale en 1019, et l'évêque Burkhard von Hasenburg fait construire le deuxième mur d'enceinte de la ville en 1080. Vers 1200, un troisième mur comprenant cinq grandes portes est érigé. 

En 1225, le prince-évêque de la ville Heinrich von Thun entreprend de faire construire le premier pont fixe sur le Rhin. Il contribue à l'essor économique de la ville. Grâce à un négoce florissant, Bâle est au sommet de sa splendeur, mais deux catastrophes interrompent cette évolution prometteuse. En 1348, une épidémie de peste emporte plus de la moitié des habitants. Dans ce contexte a lieu le Pogrom de Bâle, les Juifs subissent la fausse accusation d'empoisonnement des puits et 600 juifs sont enchaînés à l'intérieur d'une grange en bois sur une île dans le Rhin puis brûlés vifs. Le 18 octobre 1356, un tremblement de terre réduit en cendres et en ruines la ville et plus de soixante châteaux dans les environs.

L'année 1392 voit le gouvernement de la ville passer aux mains de la bourgeoisie. Celle-ci, plus aisée, peut acquérir le Petit-Bâle situé de l'autre côté du Rhin, ainsi qu'une partie des terres environnantes appelées Bâle-Campagne. À la même époque, en 1397, les Juifs sont chassés de la ville, et ce pour quatre siècles... 

En 1417, un nouvel incendie détruit de nombreux bâtiments datant du Moyen Âge, mais Bâle connaît ensuite, de 1430 à 1530, une autre période de prospérité, l'âge d'or de l'Art rhénan. Le Grand Concile de Bâle (1431 - 1448) donne un puissant élan à la ville. L'assemblée des évêques ose s'opposer à Rome et proclame sa supériorité sur le pape.

z06

Cependant, ce ne sera pas une période de paix puisque le 26 août 1444, la bataille de la Birse voit la défaite des Confédérés face aux troupes françaises et autrichiennes. Plus tard, lors de la guerre de Souabe, des combats ont lieu le 22 mars sur la colline du Bruderholz et le 22 juillet marque la date d'une défaite à Dornach. L'issue de cette guerre voit néanmoins la victoire finale des Confédérés et l'indépendance de fait de la Confédération suisse.

S'ouvrit également pour la ville la grande époque de l'humanisme et de l'imprimerie. En 1440, est mis en service par Heinrich Halbysen le premier moulin à papier baptisé Allenwinden. Devenu papeterie en 1453 grâce aux frères Gallician, il a connu de nombreuses transformations et acquiert le titre de Musée suisse du Papier en 1985. En 1460, est fondée l'Université de Bâle, la plus ancienne de Suisse et l'une des rares en Europe à avoir été érigée et financée par les citoyens de la ville. Son renom attire les humanistes, parmi lesquels Érasme de Rotterdam. En 1463, Berthold Ruppel, un collaborateur de Gutenberg, introduit l'art de l'imprimerie à Bâle, et en 1491 Johann Fust imprime la Bible latine.

L'essor culturel, mais aussi économique de la ville est tel qu'en 1471 l'Empereur germanique Frédéric III permet aux Bâlois de tenir chaque année deux foires commerciales, la Foire d'automne et la Foire de printemps, toutes deux encore très actives de nos jours. 

Le 13 juillet 1501 représente une date historique puisque Bâle décide d'entrer dans l'alliance des Confédérés, en raison de sa situation limitrophe très exposée. Contre l'engagement de neutralité en cas de conflit contre les Confédérés, Bâle reçoit une place à part parmi les autres cantons. La ville peut ainsi jouir pendant des siècles d'une tangible évolution. En 1504 commence la construction de l'hôtel de ville (Rathaus), siège actuel du gouvernement de Bâle-Ville. La situation politique évolue. Le 12 mars 1521, les statuts du Conseil sont révisés. L'évêque est écarté de la nomination des autorités urbaines. C'est ainsi la fin de son pouvoir temporel dans la cité. En 1585, on paie 200.000 florins à l'Évêque en échange de sa renonciation à l'ensemble de ses droits sur la ville.

z07

En 1515, le prédicateur Œcolampade devient l'organisateur de l'Église selon les principes de la Réforme.

Bâle, qui a généreusement ouvert ses portes aux huguenots persécutés, voit de nouvelles industries s'implanter sur son sol. Dès 1670, la percée de l'industrie de la soie – et du ruban de soie en particulier – entraîne le développement d'entreprises connexes telles que la filature, le tissage du velours et de la soie, la passementerie, la teinturie, et constitue une source de prospérité pour le commerce, les transports, les banques, les assurances. En 1758, Johann Rudoft Geigy-Gemuseus fonde la maison de commerce Joh. Rudoft Geigy pour l'importation et la vente de denrées coloniales (épices, produits médicaux et colorants naturels). S'y ajoutera vers 1830 la production de quelques colorants naturels. Mais l'industrie chimique bâloise ne verra vraiment le jour que dans la deuxième moitié du XIXe siècle. À côté de l'industrie, la culture n'est pas oubliée puisqu'en 1777, Isaak Iselin crée la fondation pour la Promotion du bien et des valeurs d'intérêt général, ancêtre de la grande bibliothèque publique générale actuelle.

Les idées véhiculées par le siècle des lumières ont un grand retentissement dans toute l'Europe, et bien entendu en Suisse et à Bâle. Peter Ochs (1752-1821), né à Nantes en France, mais élevé en Allemagne, arriveà Bâle, patrie de son père, en 1769. Homme politique, grand admirateur de la Révolution française, il prépare la constitution de la République helvétique, donnant naissance à un état unitaire. C’est dans sa maison, le Holsteinerhof, que sera signée en 1795 la Paix de Bâle, mettant provisoirement fin aux hostilités entre la France, l’Espagne et la Prusse. Le 12 août 1798, la République helvétique ‘‘une et indivisible’’ est proclamée par Peter Ochs qui négocie l’alliance avec la France de Bonaparte.

En 1833, les conflits permanents entre Bâle-Ville et Bâle-Campagne et l'incompréhension réciproque conduisent le 23 août à la création de deux demi-cantons.

Au cours de ces années, la vie de la ville est marquée par des événements économiques ou exceptionnels. Ainsi, Bâle est la première ville suisse à posséder un chemin de fer. En 1859 est proclamé le décret relatif au démantèlement des fortifications de la ville. Bâle s'ouvre à l'extérieur et crée de nouveaux quartiers. L'industrie chimique naissante en profite grandement. La ville ouvre en 1864 la deuxième bourse des valeurs de Suisse, 14 ans après Genève.

z30

Campus Novartis

Durant la guerre franco-prussienne de 1870, Bâle aide les populations alsaciennes réfugiées. Le monument de Strasbourg (Strassburger Denkmal), érigé dans le petit parc Sainte-Élisabeth, commémore ces événements. Du 29 au 31 août 1897, Bâle accueille le Premier congrès sioniste présidé par Theodor Herzl. Il s'en tiendra neuf autres jusqu'en 1946 qui aboutiront à la création de l'État d'Israël en 1948.
 
La première moitié du XXe siècle est marquée par les deux guerres mondiales qui ravagent nombre de pays. Malgré sa neutralité, la Suisse est touchée par la mobilisation, les restrictions et l’accueil des réfugiés. Pendant ces deux guerres, Bâle, particulièrement exposée – et même une fois bombardée – a à cœur d’aider ses voisins alsaciens et d’accueillir ceux qui recherchent un asile.

Lors du référendum de 1992 sur l’Europe, Bâle est l’un des rares cantons alémaniques à voter ’’oui’’ au projet d’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen. Le territoire bâlois se modifie quelque peu puisque le 1er janvier 1994, neuf communes du Canton de Berne sont rattachées au demi-canton de Bâle-Campagne. De nos jours, Bâle offre une qualité de vie appréciable grâce à la prospérité de son industrie et de son négoce et à une activité culturelle florissante.

z31

 

D'après Wikipédia