Mulhouse fait partie de la région culturelle et historique d'Alsace. Son aire urbaine couvre 284 739 habitants et sa zone d'emploi regroupe 431 337 habitants. Archétype de la ville fabriquée par les flux migratoires depuis la révolution industrielle, c'est une ville très cosmopolite. La cité est proche de l'Allemagne et de la Suisse, avec qui elle entretient des liens importants. 

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Hôtel de ville

Le nom Mulhouse est l'adaptation française de l'allemand Mülhausen (Mühl : moulin et Hausen : maisons), soit les maisons du moulin. En l'an 803, la cité apparaît sous le nom de Mulinhuson. De l'an 1347 à 1798, elle est connue sous le nom de Stadtrepublik Mülhausen (littéralement : ville-république de Mulhouse). Lorsque la Stadtrepublik signe son traité de réunion, son nom n'est pas francisé et elle devient la commune française de Mulhausen. En 1848, son nom est finalement francisé pour devenir Mulhouse. De 1871 à 1918, les autorités impériales allemandes la rebaptisent Mülhausen im Elsass pour la distinguer de son homonyme Mühlhausen en Thuringe. Elle reprend son nom francisé lorsque l'Alsace-Lorraine réintègre la république française en 1919.  

Selon une première légende, en 58 av. J.-C., Jules César arrive en Alsace par la Trouée de Belfort afin de bouter les Germains au-delà du Rhin. Les deux armées les plus redoutables de l'époque s'affrontent dans un terrible combat dans le Sud de l'Alsace dans l'actuel lieu-dit de l'Ochsenfeld entre Wittelsheim et Cernay. Les Romains victorieux pourchassent et massacrent les Germains dans toute la plaine. Une autre légende, reprenant des éléments similaires, place la naissance de Mulhouse en 451 ap. J.-C., lorsque l'armée d'Attila ravage la région. Quelles que soient la version et la date, la deuxième partie de la fondation légendaire de Mulhouse est la même : un jeune guerrier qui fuit les combats est retrouvé blessé près d'un moulin à eau, à l'emplacement actuel de Mulhouse. La fille du meunier le recueille et l'épouse. D'autres soldats en errance viennent les rejoindre et se marient eux aussi avec des femmes de la région. Ils s'établissent autour de la maison du moulin. Ce qui explique pourquoi le blason de la ville représente une roue de moulin à eau.

Périphrases et surnoms désignant Mulhouse : la Cité du Bollwerk, du nom d'une tour vestige d'avant l'industrialisation ; la capitale européenne des musées techniques, en raison du nombre de musées industriels de dimension internationale que la ville compte ; le Manchester français, car Mulhouse était un des plus grands pôles industriels d'Europe ; la ville aux cent cheminées, en raison des anciennes cheminées d'usines en briques rouges qu'on pouvait voir dans toute la ville, clin d'œil à Prague, autre ville de la Mitteleuropa surnommée « la ville aux Cent Clochers ».

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Temple Saint-Etienne

Les environs de Mulhouse sont habités depuis le Paléolithique mais le site qu'occupe la ville aujourd'hui ne présente pas assez d'avantages pour qu'une agglomération s'y constitue. Les recherches archéologiques ont détecté une présence humaine sur les collines autour de Mulhouse vers 5000 av. J.-C. Au IIe millénaire av. J.-C., les Celtes arrivent en Alsace. L'oppidum du Britzgiberg, situé au sud de Mulhouse est aménagé par les Celtes au VIIe siècle av. J.-C., durant la période de Hallstatt. Du Ve siècle au Ier siècle av. J.-C., l'Alsace est divisée entre deux tribus celtes : les Séquanes au sud et les Mediomatriques au nord plus ou moins supplantés par les germano-celtes triboques. 

Puis vient la bataille de l'Ochsenfeld qui oppose en 58 av. J.-C. l'armée romaine menée par Jules César à une coalition de Germains menée par Arioviste. Au fil des années, les peuples germaniques ont traversé le Rhin et supplantent les Celtes, qui demandent de l'aide aux Romain. Des fouilles entreprises entre Cernay et Wittelsheim ont permis dans les années 1970 de mettre au jour les vestiges d'un camp romain sur la plaine de l'Ochsenfeld mais la localisation précise de la bataille finale reste indéterminée. La bataille voit donc la victoire des Romains et chasse les Germains de l'autre côté du Rhin, faisant de ce fleuve une frontière naturelle pour les siècles à venir. 

À la suite de la bataille, l'Alsace est intégrée à l'Empire romain et romanisée. La Pax Romana s'installe, il en subsiste de multiples vestiges. Par la suite surviennent de multiples tentatives d'invasions de la part des Germains, notamment des Alamans. Vers le milieu du Ve siècle, les Romains finissent par être définitivement chassés de la plaine d'Alsace où les Alamans s'installent, y répandant leur culture, leur langue et y construisant de nombreux villages.

Les Alamans mettent en place une confédération de petits royaumes appelée royaume d'Alémanie. L'Alémanie est christianisée aux alentours du VIIe siècle. Les Alamans sont évincés progressivement par les Francs, puis définitivement en 746 avec le massacre de Cannstatt.

On ne sait pas précisément à quel moment Mulhouse a été fondée ; l'incendie de l'hôtel de ville en 1551 a fait disparaître la majorité des archives retraçant l'histoire de la ville avant cette date. Ce mystère a donné naissance à des interprétations légendaires. Une chose est sûre, Mulhouse est née sur les bords de l'Ill, sur un site sujet aux inondations mais propice à l'installation de moulins à eau. Une réelle activité économique est lancée grâce sa position centrale entre Jura, Vosges et Forêt-Noire alliée au potentiel de l'énergie hydraulique dont bénéficie alors la ville. Il y a de nombreux moulins à Mulhouse. La première mention écrite de la ville date de l'an 803. La ville se trouve sous l'autorité du Saint-Empire romain germanique dès 962. La ville se développe à partir de deux noyaux dont l'un appartenait aux évêques de Strasbourg et l'autre à la famille Hohenstaufen.

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La maison Mieg

Au début du XIIe siècle, Mulhouse est déjà une cité importante et structurée. Frédéric II fortifie la cité vers 1223 pour lui permettre de faire face aux attaques répétées. Mulhouse change à plusieurs fois de mains, subissant successivement l'oppression des évêques et l'octroi de libertés par l'empereur qui voit en elle un allié de poids. Cette période trouble correspond au Grand Interrègne. Se sentant menacées par les évêques en 1261, les villes alsaciennes soutiennent Rodolphe de Habsbourg. Les Mulhousiens, alors sous le joug de l'évêque de Strasbourg, ouvrent les portes de la cité à Rodolphe et entament le siège du château épiscopal. Le siège dure trois mois ; les Mulhousiens prennent alors possession du château, l'incendient avant de le raser ; il n'en reste que la tour Nessel et la tour du Diable. Avec l'aide de Rodolphe, les Mulhousiens viennent de s'affranchir définitivement de la tutelle des évêques.
 
En 1275, Rodolphe de Habsbourg, élève Mulhouse au rang de ville impériale et l'affranchit de toute tutelle étrangère, y compris de celle du landgraviat d'Alsace. La ville ne dépend dès lors que de l'empereur lui-même représenté par un prévôt impérial. 

En 1326, la guerre éclatr entre les Mulhousiens et la noblesse locale. Les Mulhousiens finissent par prendre de force et réduire en cendre les possessions de la noblesse proches de ses murs. En réaction les nobles alliés à Albert II d'Autriche assiègent la ville et finissent par s'en emparer. Mulhouse est pillée. Plus au sud, les cités suisses également menacées par le duc d'Autriche et inquiètes de voir Mulhouse tomber envoient leurs troupes en Alsace et en chassent Albert II. Les autres cités alsaciennes subissent les mêmes troubles et prennent progressivement conscience de la nécessité de s'unir à l'instar des cités suisses.

En 1347, l'empereur Charles IV donne pour ordre que le prévôt ne soit choisi que parmi les bourgeois (dans son sens premier d'« habitant du bourg »), modifie la représentation au conseil et permet à ce dernier et aux corporations d'élire un bourgmestre. Le premier bourgmestre élu est Jean de Dornach. Mulhouse adopta ainsi un modèle républicain : la République de Mulhouse (en allemand : Stadtrepublik Mülhausen) est née. La subsistance du poste de prévôt impérial jusqu'en 1395 maintient toutefois la tutelle de l'empereur sur la jeune république. En 1354, Charles IV crée la Décapole, Mulhouse en devient dès lors membre. Dans toute l'Europe rhénane, les cités gagnent en puissance, s'enrichissent et prospèrent. En 1395, les Mulhousiens achètent à l'empereur Venceslas Ier la suppression du poste de prévôt impérial, l'empereur instaure également l'autonomie fiscale. Tous les pouvoirs d'administration de la cité reviennent alors au conseil et au bourgmestre, élus par les Mulhousiens et l'empire n'assure plus que les fonctions régaliennes.

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En 1444, l'empereur Frédéric III appelle le dauphin Louis, futur Louis XI et ses Armagnacs pour mater les cités suisses sur lesquelles il a perdu le contrôle. Appelés aussi les Écorcheurs, les Armagnacs sont des bandes armées formées d'anciens mercenaires sans emploi qui vivent de pillages, les nobles se joignent à eux espérant prendre le pouvoir sur les villes. Les Suisses sont défaits à Bâle et les Armagnacs se dirigent vers Mulhouse. Ils entament le siège et sont repoussés plusieurs fois par les Mulhousiens. Ils se retirent au printemps 1445. Toute la région est ruinée.  

En 1466, l'autonomie de Mulhouse est menacée par les Habsbourg, soutenus par les nobles qui espèrent se venger des Mulhousiens. Devant les forces en présence, les Mulhousiens sont abandonnés par les autres villes alsaciennes de la Décapole. Les Mulhousiens signent alors un traité d'alliance militaire avec les cantons suisses de Berne et Soleure en 1466. La cité devient indépendante de facto, ce n'est plus l'empire qui assure sa sécurité. Mulhouse ne se retire pas officiellement de la Décapole ; ses relations avec elle sont toutefois réduites au strict minimum. Les Mulhousiens écrasent militairement les nobles. Les cités alsaciennes de Turckheim et de Kaysersberg, effrayées à l'idée de voir arriver les troupes de Mulhouse et des confédérés prennent l'initiative d'aider les Mulhousiens ; elles rasent les forteresses d'Eguisheim et de Haut-Hattstatt. Face aux forces en présence, les nobles signent un traité de paix. Pour un temps. Les guerres reprennent.

Mulhouse conclut en 1515 une alliance définitive avec les cantons suisses afin de garantir une paix durable ainsi que le respect de sa souveraineté : elle se retire de la Décapole. La cité devenant par conséquent une république libre et indépendante sans aucun lien politique avec le reste de l'Alsace, son destin va rester distinct de celui de la région pendant plusieurs siècles. Parce qu’elle est alliée à la Confédération Suisse, Mulhouse est épargnée par les conflits environnants, tels la Guerre de Trente Ans, qui frappe violemment la région. En 1648, par le traité de Westphalie, l'Autriche cède au royaume de France une partie de l'Alsace, principalement le sud de la région. La République de Mulhouse, exclue du conflit, conserve son statut de ville indépendante mais se retrouve enclavée dans les terres du Royaume de France.  

À partir de 1523, Mulhouse adhère à la Réforme. Les catholiques et les Juifs sont chassés de la ville. Les Habsbourgs dont les territoires enclavent la cité restent fidèles à l'Église catholique romaine, la cité devient donc une enclave réformée.  

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La Révolution industrielle à Mulhouse commence au milieu du XVIIIe siècle, avant sa Réunion à la France. En 1746, la première manufacture d'indiennes, Koechlin Schmaltzer Dollfus & Cie, est créée. Ce sera un formidable succès. C'est le début du développement industriel de la ville, qui ne compte alors que 4 000 habitants. Mulhouse entretient alors des relations privilégiées avec la Louisiane, d'où elle importe du coton, ainsi qu'avec le Levant. Des techniques diverses se développent, la ville innove, devenant un important lieu de stimulation intellectuelle dans le domaine social et dans celui des sciences et techniques.
 
En 1798, le Grand Conseil de la République de Mulhouse vote son rattachement à la toute jeune république française, après un blocus de l'armée française, qui veut mettre fin aux privilèges fiscaux et douaniers hérités de l'Ancien Régime. La fête de la « Réunion » se déroule le 15 mars de la même année. Lors de cette fête, les symboles de l'indépendance séculaire de la République sont détruits (épée de justice brisée en plusieurs morceaux, canons de l'Arsenal saisis). La cité repose sur des bases industrielles solides, elle contribuera de manière spectaculaire au développement de l'industrie française. La Stadtrepublik Mülhausen devient la commune française de Mulhausen.

Ce rattachement accélère le processus d'industrialisation en supprimant les barrières douanières qui handicapaient le commerce. Durant tout le XIXe siècle, l'industrie se développe et se diversifie : le textile, qui resta dominant, suscite pour ses besoins la création d'industries mécaniques et chimiques. En 1803, les catholiques et les juifs peuvent à nouveau s'installer dans la ville.

Mulhouse met en chantier de grandes infrastructures. En 1804, le creusement du canal du Rhône au Rhin débute, il traverse Mulhouse en 1812 et permet d'alimenter facilement la ville en charbon. La même année, la première machine à vapeur de la région est acquise par DMC. Les industries mulhousiennes encouragent systématiquement l'innovation en bénéficiant ainsi des technologies les plus avancées de l'époque. Cette culture de l'innovation, qui sera un des piliers du modèle mulhousien, permet aux entreprises de la cité de maintenir sans cesse une avance sur leurs concurrents internationaux.

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En 1826, André Koechlin monte une fonderie et se lance dans la construction mécanique en créant André Koechlin & Cie (AKC), l'ancêtre de la SACM et d'ALSTHOM. La même année Josué Heilmann invente la lanterne bobineuse. En 1827 ce dernier et son épouse mettent au point le premier métier à broder à 20 aiguilles. La Société industrielle de Mulhouse (SIM) est fondée le 20 avril 1826. La construction du Nouveau Quartier débute également en 1827. La Compagnie du chemin de fer Mulhouse à Thann est créée en 1837 par Nicolas Koechlin, et la ligne de chemin de fer Mulhouse-Thann voit le jour en 1839. En 1838, il crée également la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. À cette date, Mulhouse compte 45 filatures. En 1843, la première peigneuse mécanique au monde voit le jour, inventée par Josué Heilmann, elle va révolutionner l'industrie textile.

Des aménagements urbains importants ont également lieu. En 1848, la commune de Mulhausen francise son nom pour devenir officiellement la commune de Mulhouse.

Dans le sillage des journées révolutionnaires de février, le gouvernement provisoire de la IIe République promulgue en mars 1848 un décret portant création de comptoirs nationaux d'escompte dans les grandes villes du pays. Le Comptoir national d'escompte de Paris naît le 4 mars, celui de Mulhouse, le 8. Les deux comptoirs nationaux d'escompte fusionnent par la suite pour former la Banque nationale de Paris (BNP) qui fusionnera à son tour le 23 mai 2000 avec Paribas pour devenir le groupe bancaire français BNP Paribas.  

Le modèle mulhousien repose sur trois piliers, un patronat protestant paternaliste, le prédominance du couple innovation/formation dans le développement technique et la recherche d'un équilibre social. Jusqu'à l'annexion allemande, tous les bourgmestres et maires sont protestants et proches ou issus du patronat. La recherche de l'équilibre social s'accentue encore après les événements du 26 juin 1847 aussi appelés le Bäckefest (littéralement la « Fête du pain »), l'augmentation du prix des vivres amenant les ouvriers à se révolter. Les émeutes se finissent dans le sang avec l'intervention de l'armée, elles marqueront les esprits profondément.

En septembre 1870, les Badois occupent Mulhouse. La ville fait ensuite partie, comme l'Alsace tout entière, de l'Empire allemand jusqu'en 1918. Les Mulhousiens, comme tous les Alsaciens, ont à choisir entre quitter la région ou accepter de devenir allemands. Les autorités allemandes renomment la ville : Mülhausen im Elsass, pour la distinguer d'autres localités homonymes. La première ligne de tramway est inaugurée le 24 mai 1882. Eugène Clemessy transforme, en 1900 durant ses loisirs, un vieux moulin près de Brunstatt en centrale électrique qui va alimenter plusieurs communes. Pressentant l’avenir de cette source d’énergie, il fonde en 1908 les établissements Clemessy. La découverte de gisements de potasse en 1904 amène un nouvel essor et propulse tout le nord de l'agglomération dans l'exploitation minière. La société minière Gewerkschaft Amélie est créée le 13 juin 1906. Le 22 avril 1908, le premier puits est foré et l'exploitation industrielle commence en 1910 avec la création de la Société Kali Sainte-Thérèse. L'entreprise de construction automobile et aéronautique Aviatik Automobil und Flugapparatefabrik est fondée en 1910 par Julius Spengler. En 1914, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Aviatik est transféré à Fribourg-en-Brisgau, de l’autre côté du Rhin.

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La tour du Diable

À cette époque, un Mulhousien va diviser la France. Alfred Dreyfus né 9 octobre 1859 à Mulhouse est le dernier des neuf enfants de Raphaël Dreyfus, industriel mulhousien. La famille opte pour la nationalité française après l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne, et s'installe à Paris. Élève à l'École polytechnique et de l'École de Guerre, il est attaché à l'état-major de l'armée au Ministère de la Guerre comme capitaine-stagiaire et affecté au célèbre deuxième bureau chargé du renseignement. Ayant le tort d'être Alsacien et de confession juive, il est accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets et condamné au bagne à perpétuité pour trahison.  

Certaine de l'incohérence de cette condamnation, la famille du capitaine tente de prouver son innocence, relayée en janvier 1898, par Émile Zola, qui publia J'Accuse…!, plaidoyer dreyfusard qui entraîne le ralliement de nombreux intellectuels. Un processus de scission en deux de la France s'amorce, processus qui se prolonge jusqu’à la fin du siècle, alimentant des émeutes antisémites en France et ébranlant la République jusqu'à la réhabilitation du capitaine.  

Le 8 août 1914, le général français Louis Bonneau fait son entrée dans la ville. Mais le repli allemand n'est que provisoire. Les Allemands reprennent durablement la ville dès le 24 août. Les civils souffrent des prises d'otages effectuées par les deux camps belligérants et se divisent entre « immigrés » allemands favorables au Kaiser et « autochtones » francophiles. En novembre 1918, alors que l'Allemagne est en train de perdre la guerre, des insurrections éclatent parmi les soldats qui s'inspirent du modèle soviétique pour mettre en place des « conseils ». La réaction de la bourgeoisie et du maire Cossmann, qui met en place une milice bourgeoise, puis l'entrée en ville des soldats français mettent fin à cette agitation révolutionnaire. Le 17 novembre 1918, Mulhouse redevient française.  

De 1940 à 1944 la ville de Mulhouse est à nouveau, comme le reste de l'Alsace, annexée de facto au Troisième Reich. Dans la soirée du 20 novembre 1944, les blindés général Jean Touzet du Vigier entrent dans la ville qui est définitivement libérée le 24 novembre et revient à la France. Mulhouse subit d'importantes destructions en 1944.

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La Fonderie (université) 

L'industrie est alors le principal moteur de l'économie mulhousienne mais est durement touchée par le choc pétrolier de 1973. Cinquante usines sont fermées ou cédées à travers le monde et dix mille emplois supprimés. En 1977, les Frères Schlumpf, qui avaient racheté plusieurs entreprises textiles de la région mulhousienne, se retrouvent en difficulté financière. Un grave conflit social éclate, mené par des syndicalistes. Les frères Schlumpf sont séquestrés pendant trois jours dans leur villa. Ils fuient sous la protection de la police et des autorités et se réfugient à Bâle, en Suisse. Le 7 mars 1977, des syndicalistes et quelques ouvriers pénètrent sans autorisation dans l'usine. Dans les locaux, ils découvrent un trésor stupéfiant, la collection Schlumpf, la plus grande collection automobile jamais constituée.  

En 1979, le deuxième choc pétrolier s'abat sur l'industrie mulhousienne. La crise du textile qui touche l'Europe, mise en concurrence avec des pays asiatiques à faible coût de main-d'œuvre, ajoute une difficulté supplémentaire. Toute l'activité textile qui avait fait la prospérité de Mulhouse s'effondre. À partir de la deuxième moitié du XXe siècle, les mines de potasse cessent progressivement leur activité. Le chômage augmente dans toute l'agglomération. Les difficultés sociales se multiplient. Signe d'un malaise social profond entre 1997 et 2002, la délinquance augmente de 19,89 % dans le département.  

La crise industrielle a toutefois été en partie anticipée par les pouvoirs publics. Pour développer l'économie de la connaissance, l'Université de Haute-Alsace (UHA) est créée le 8 octobre 1975, regroupant plusieurs anciennes écoles de Mulhouse.  

Dans le secteur culturel, le Musée français du chemin de fer voit le jour en 1971, devenant le plus grand musée ferroviaire européen. La Collection Schlumpf ouvre au public en 1982 sous le nom Musée national de l'automobile. Le musée EDF Electropolis ouvre en 1996. Ils s'ajoutent à l'ancien musée de l'impression sur étoffes pour faire de Mulhouse le premier pôle européen des musées techniques.  

En 1984, le parc de la Mer Rouge (Technopole de Mulhouse) est créé pour accueillir des entreprises de technologies de pointe, il devint le siège du consortium Rhénatic. Le parc des Collines est une zone franche urbaine accordant de larges exonérations fiscales aux entreprises qui s'y installent et embauchent des personnes résidant en zone urbaine sensible (ZUS).
 
La chute massive de l'emploi industriel est en partie compensée par l'augmentation de l'emploi tertiaire. Plusieurs quartiers sont réhabilités, d'anciennes casernes et friches industrielles reconverties. À partir des années 1980-1990, de vastes zones industrielles et commerciales sont développées dans la banlieue de Mulhouse. Au début des années 2000, un nouveau quartier est créé de toutes pièces : le Nouveau Bassin, qui inclut un multiplexe et la salle de spectacle La Filature.  
 
D'un point de vue architectural, Mulhouse est une ville qui détonne dans le reste de l'Alsace. Les maisons aux murs peints, ornés de fresques, les manoirs et les maisons de villes bourgeoises utilisant la brique supplantent le traditionnel colombage alsacien. Ce développement urbain particulier provient de son histoire marquée par son statut politique et ses liens avec les cités suisses. De même, la croissance urbaine extrêmement rapide au XIXe siècle, la faisant passer du statut de bourg à celui de ville importante en quelques décennies seulement, a eu raison de nombreux édifices médiévaux. Le Nouveau Quartier est construit avec ses maisons à arcades de style Empire, où toutes les rues convergent vers la place de la République. La cité-jardin (quartier de la Cité) est bâtie selon un plan hippodamien. À partir de 1904, le Nord de l'agglomération se lance dans l'aventure de la potasse, des dizaines de quartiers sortent de terre et forment de vastes cités minières.  


La tradition des murs peints persiste et les décors font référence à l'industrie locale, à l'histoire de la ville, aux anciennes villes alliées, aux occupant passés ou présents de la bâtisse concernée.

D'après Wikipédia