Le terme vient de l'italien « a fresco » qui signifie « dans le frais ». La fresque est une technique particulière de peinture murale dont la réalisation s'opère sur un enduit appelé intonaco, avant qu'il ne soit sec. Le fait de peindre sur un enduit qui n'a pas encore séché permet aux pigments de pénétrer dans la masse, et donc aux couleurs de durer plus longtemps qu'une simple peinture en surface sur un substrat. Son exécution nécessite une grande habileté, et se fait très rapidement, entre la pose de l'enduit et son séchage complet.

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Villa Barbaro, Italie

Le terme est souvent utilisé, à tort, dans le langage courant pour désigner la peinture murale en général.
 
Principe de la fresque 

Quatre éléments entrent en jeu :

  • le rinzaffo (ou gobetis) : première couche d'apprêt en contact avec le support, couche granuleuse, rugueuse.
  • l'arricio : le premier réel enduit du support (mélange de chaux, sable et eau), pour rendre celui-ci droit et lisse (1 cm environ). Une fois séché le peintre dessine les profils de l'œuvre (sinopia).
  • l'intonaco : la couche proprement dite qui va recevoir les pigments (composée de sable fin, poudre de marbre ou pouzzolane, de chaux et d'eau).
  • les couleurs qui s'incorporent sur l'intonaco encore frais et humide (pigments d'origine minérale à cause du ph basique de la chaux de l'enduit).

L'enduit étant frais, les couleurs s'imprègnent dans l'intonaco dont une substance, appelée calcin, migre vers la surface durant le séchage de l'enduit et se superpose à la peinture créant ainsi une couche protectrice. Cette réaction chimique, appelée carbonatation, est caractéristique de la peinture à fresque et lui confère cohésion et dureté.  

Les fresques étaient polychromes, mais les problèmes du coût des pigments limitaient souvent le nombre de couleurs. Dans l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe dans la Vienne par exemple, on trouve quatre couleurs sauf dans le chœur où le bleu, plus cher, occupe une surface moindre. L'eau par exemple était souvent peinte en blanc et mise en évidence par des traits ondulés.

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Notre-dame-du-Sablon, Bruxelles 

Histoire

À Lascaux déjà, les pigments sont fixés sur les parois, comme dans une fresque, par une croûte de carbonate de calcium formée au cours des siècles. Au néolithique, on peint sur un enduit blanc sec (souvent du gypse). Vers 2500 av. J.-C. en Mésopotamie et en Égypte apparaissent les premiers fours à chaux, qui permettront à la fresque de naître en Mésopotamie vers 1800 av. J.-C. et en Crète dès 1700 av. J.-C.. Les écoles asiatiques, les Grecs et les Romains développent la technique. Les formidables fresques de Pompéi nous prouvent la pérennité du procédé. Parallèlement, une pratique de vraie fresque est avérée dans le monde précolombien. Elle est l’œuvre de la civilisation de Teotihuacan. Un exemple représentant possiblement la Grande déesse de Teotihuacán a été retrouvé dans le quartier Tetitla de Teotihuacan. En France, la technique connaît son apogée dans l’art roman avec un soupçon de réserve toutefois ; il est en effet courant que ces peintures soient achevées à sec. Le style gothique réduit les surfaces planes en favorisant la lumière et la fresque disparaît peu à peu. 

En Italie au contraire, la Renaissance est un âge d’or pour cette technique mais, dès le XVIe siècle, l’éclat et le modelé d’un nouveau procédé concurrence la fresque : la peinture à l’huile. La peinture murale décline lentement et inexorablement.

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, quelques artistes nostalgiques d’un art monumental essaient de faire revivre la fresque – avec des succès très inégaux. Les réalisations de Diego Rivera au Mexique, de Ducos de la Haille au Musée des Arts Africains et Océaniens à Paris, ou de divers peintres en Sardaigne (notamment à Orgosolo) prouvent l’intérêt d’une conception moderne de cet art.

Technique de la fresque

Le mortier, d'une épaisseur de 5 à 6 cm, est également appelé arriccio. Sur un mur, sain et robuste, l'artiste prépare un mortier à base de chaux et de sable, qu'il étale par la suite en le laissant rugueux (d'où son nom arriccio). Le choix de la chaux comme mortier n'est pas seulement dû à ses qualités artistiques, mais à ses grandes capacités de conservation des pigments. On fait généralement trois couches successives, espacées dans le temps.

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 Eglise de Nerezi, Mécédone

Après séchage, l'artiste esquisse au charbon de bois la figure voulue. Puis à l'aide d'ocre et de sinopia (couleur à base de terre rouge), l'artiste ombre et précise les contours.
 
L'enduit est une couche d'environ 5 mm appelée intonaco. Après avoir fait son esquisse, l'artiste applique sur l'arriccio sec, mais profondément réhumidifié au préalable, l'intonaco, enduit à base de chaux aérienne, lissé à la truelle longue et fine (appelée « langue de chat »). C'est lui qui recevra les tons de couleurs, d'où son nom d'intonaco. L'artiste doit prévoir la quantité suffisante à une journée de travail (cette surface entre 1 et 4 m² est d'ailleurs appelée giornata). En effet la peinture doit être réalisée sur l'enduit encore frais. Si la surface à peindre est importante, il est indispensable que les maçons et peintres travaillent ensemble, mais dans des sections séparées du mur. C'est le maçon qui en général indique au peintre que le mortier est prêt.

La peinture est préparée à l'aide de pigments naturels spécifiques, car tout pigment utilisé pour la peinture a secco (à sec) ne convient pas toujours. Ceci explique que certains morceaux colorés disparaissent plus vite que d'autres. Les pigments réagissent avec la chaux et pénètrent en profondeur tant que le mélange n'est pas encore sec. La peinture s'effectue rapidement, le peintre est adroit et précis, chaque erreur est le plus souvent irréparable. La peinture est le plus généralement commencée en haut à droite de la surface peinte afin que les coulures et les éclaboussures ne détériorent pas le travail déjà effectué.

La « sculpture à fresque »

Ce terme a été employé à propos d'une technique utilisée à partir de 1926 par le sculpteur Carlo Sarrabezolles. Il s'agit de taille directe dans un béton encore frais (environ 12 heures de prise), ce qui demande une grande rapidité d'exécution. Cette technique a été utilisée par d'autres sculpteurs, mais assez rarement. Elle est particulièrement bien adaptée à l'architecture. Robert Lesbounit possédait également sa propre technique.

D'après Wikipédia