Le château de Fléchères est un château du XVIIe siècle, centre de la seigneurie puis de la baronnie de Fléchères, qui se dresse dans la Dombes sur la commune de Fareins dans le département de l'Ain et la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

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Ancienne baronnie, elle est dès le début du XIIIe siècle la possession des Palatins de Riottiers, puînés de la maison de Chabeu. Au mois de janvier 1246, Guillaume Palatin la prend en fief de l'église métropolitaine de Lyon. Aimon Palatin, son fils, la vend à Guichard de Marzé, chevalier, qui en fait hommage à cette église en 1298. La baronnie de Fléchères retourne néanmoins, peu de temps après cet hommage, à la famille des Palatins, dans laquelle elle reste jusqu'à Jean Palatin, seigneur de Dio et de Saint-Olive, vivant en 1550, qui, après l'avoir d'abord constituée en dot à Marie, sa fille, épouse de Claude, baron de Montaigny, l'aliène à Benoît Le Roy, conseiller et receveur général des finances du Lyonnais. Ce dernier la cède, au mois d'avril 1561, à Symphorien Thélusson, bourgeois de Lyon. Cette cession n'a probablement pas eu d'effet, car Louis Le Roy, fils de Benoît, est seigneur de la baronnie de Fléchères, qu'il lègue, par testament, à Louis de Gaspard, son cousin, sur qui elle est saisie et adjugée, le 27 septembre 1606, à Jean de Sève, écuyer, seigneur de Fromentes et de Villette, receveur des finances en la généralité de Lyon et prévôt des marchands de Lyon. C'est lui qui jette les fondements du château actuel, entre 1610 et 1616, sur l’emplacement de la maison forte qui défendait un gué sur la Saône. Jean de Sève édifie le château en une seule campagne de travaux.

De la famille de Sève, Fléchères passe, par alliances, quelques années avant la Révolution, à la famille de Sarron, et, ensuite à celle d'Artaud de la Ferrière. Sous la Révolution, l'édifice n'a pas trop à souffrir, mais un incendie survenu en 1793 affecte les toitures des communs et fait disparaître quelques éléments de mobilier ainsi que les archives.

En 1820, un parc paysager est aménagé. Ce sera le dernier grand chantier du château. En 1907, M. Humbert Artaud de La Ferrière en est le propriétaire.

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En juin 1972, le château devient la propriété d'un des truands du Gang des Lyonnais, Johanny Chavel. Ce dernier se lance dans d'importants travaux de restauration et d'aménagement. Durant l'été 1972, il organise une grande soirée d'inauguration de son domaine, avec un spectacle son et lumières confié à une grande entreprise parisienne de pyrotechnie. Cette fête réunit au château une centaine de truands et autant de policiers... Chavel envisage de faire de son domaine un carrefour culturel avec des expositions, des conférences et aussi de le louer pour des banquets, des mariages.

Au début des années 1980, le château est quasiment laissé à l'abandon et l'objet de nombreux vols, notamment une partie du parquet d'origine, retrouvée depuis. Les services du ministère de la Culture s’alarment et envisagent le classement de l'édifice. Le 23 septembre 1983, faute du consentement du propriétaire, le ministre de la Culture déclenche, comme l’article 5 de la loi du 31 décembre 1913 l’y autorise, la procédure (exceptionnelle) dite du « classement d'office ».

Il faudra attendre la fin de l'année 1997 et l’acquisition du domaine par Marc Simonet-Lenglart et Pierre-Albert Almendros pour que soit engagée, dès 1998 et pour une période de cinq ans, une grande campagne de restauration du château et de ses jardins.
 
Le château a conservé des éléments du plan médiéval avec quatre tours carrées, de larges fossés avec des douves, qu'enjambe un pont de pierre qui accède à l'entrée où la façade des communs conserve les fentes de manœuvre d'un pont-levis.

L'entrée traverse les communs et donne sur une grande cour intérieure, face au logis principal. Ce logis est constitué d'un corps central doté d'une entrée de style baroque classique, avec sept fenêtres aux deux étages. Le corps central est flanqué de deux ailes qui lui sont perpendiculaires. À l'arrière du logis, les ailes sont prolongées par deux tours carrées, en saillie, ce qui permet l'ouverture d'une fenêtre sur chacune des quatre faces. Le château s'ouvrait autrefois au sud sur un jardin à la française avec un bassin et une fontaine monumentale.

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L’ampleur de la construction, exceptionnelle dans la région, s’explique par la présence dans le corps de logis central d’un temple protestant de deux-cent-cinquante mètres carrés. Depuis l’édit de Nantes de 1598, le culte réformé n’était autorisé que dans les seigneuries de haute justice ; calviniste convaincu, le nouveau propriétaire a bénéficié de ce privilège pour installer, au deuxième et dernier étage du bâtiment, un lieu de culte qu’aucun élément extérieur ne permettait de signaler, excepté les trois fausses fenêtres au niveau du toit, d’une dimension inhabituelle, qui symbolisaient la Trinité.
 
Le sous-sol, en partie enterré, est aménagé pour les services : cuisines, logement de domestiques, réserve, cave à vin.

Dans le bâtiment principal, un escalier intérieur à rampes droites ouvertes sur un puits central dessert les étages. Au XVIIe siècle, l'habitation s'organisait au premier étage, le piano nobile, avec dans l'aile ouest l'appartement du maître de maison, consistant en une chambre et une antichambre, et un appartement pour son épouse dans l'aile est, un palier qui traverse le corps principal relie les deux appartements.

En 1632-1633, à la demande de Mathieu de Sève, fils de Jean, le peintre lucquois Pietro Ricchi (1606-1675) réalise dans une dizaine de salles du château un ensemble de fresques représentant des scènes de chasse, des personnages en costumes de fête, des éléments d’architecture, des épisodes de la mythologie, dans lesquels on peut voir un symbolisme caché des thèmes protestants. Recouvertes d'enduit, de peinture ou de papier peint au cours des siècles suivants, cachées sous des boiseries, ces fresques ont été remises au jour et restaurées à la fin du XXe siècle.

Dans l'appartement du premier étage, la « chambre de la Parade » montre une évocation de l'entrée solennelle à Lyon du roi Henri IV, organisée par Jean Scève en 1595. Ricchi montre une série de personnages du défilé, grandeur nature et en costume d'époque, posant entre des colonnes en trompe-l'œil.

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L'antichambre voisine est dite « des Travaux d’Hercule », avec un Hercule qui a les traits d'Henri IV, protecteur des protestants. 

D'autres pièces sont décorées avec chacune un thème : salle des perspectives en trompe-l'œil, chambre des vertus cardinales, Justice, Force, Tempérance et Prudence, faisant écho à la cheminée de la salle du consistoire, décorée des sculptures des vertus théologales, foi, espérance et charité.

Au XVIIIe siècle, le rez-de-chaussée est aménagé en appartements plus petits et plus confortables qu'au siècle précédent, avec des boiseries sur les murs.

D'après Wikipédia