Dinard est une commune française située en région Bretagne. C'est une station balnéaire réputée, particulièrement auprès des Britanniques et des Américains, pour ses villas Belle Époque et le Festival du film britannique qui s'y tient chaque année depuis les années 1990.

Le nom officiel de la commune fut successivement : Saint-Énogat, jusqu'en 1879 ; Dinard-Saint-Énogat, de 1879 à 1921 ; Dinard, depuis 1921. La commune est peuplée de 10.000 habitants.

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L'histoire de Dinard est liée à la légende du roi Arthur : en effet, selon la légende, le roi Arthur aurait débarqué sur la côte en 513 pour y construire un fort et fonder la ville. Cependant, cette version est largement discréditée et aucune preuve n'a jamais permis de la vérifier... comme le reste de la légende.

Durant le Moyen Âge, Dinard n'est qu'un très modeste port de pêche et village de pêcheurs à la périphérie de Saint-Enogat, bourg beaucoup plus important, comprenant une église et un cimetière et chef-lieu de la commune de Dinard.

Une des plus célèbres chansons du Barzaz Breiz, An Alarc'h raconte le début de la reconquête de la Bretagne, après la tentative de confiscation du duché par le roi de France Charles V au XIVe siècle. La Bretagne deviendra française seulement en 1532.

Un des premiers découvreurs de la station, au XIXe, est William Faber, un aristocrate américain qui a l'habitude de séjourner à Dinan. Il tombe amoureux du panorama de la côte et décide s'y établir. Il fait construire des maisons sur la pointe du Moulinet, les « Petites terrasses », qu'il revend à ses amis anglophones de Dinan : c'est l'origine de la colonie britannique à Dinard. Lorsque William Faber meurt prématurément (à moins de 50 ans) en 1854, c'est sa femme Lyona Faber qui prend le relais : elle se lance dans la promotion immobilière et continue à vendre, de la même manière, des lotissements à leurs amis. Elle fait don d'un terrain de la pointe du Moulinet pour qu'y soit édifiée l'église anglicane Saint-Bartholomew.

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Eglise anglicane Saint Bartholomew

En 1858, la première grande villa balnéaire est construite par James Erhart Coppinger à la pointe du Moulinet, c'est le château du Bec de la Vallée, ou Villa Castel Mond (car elle appartient un temps à Sir Robert Mond et à sa femme Lady Mond). La même année, un établissement de bains de mer est construit sur la plage de l'Écluse, à l'époque plage des Élégantes, avec des cabines de bains sur pilotis en bois : c'est cette mode des bains de mer, née en Angleterre pour ses supposées vertus thérapeutiques, qui va véritablement lancer Dinard et la consacrer comme station balnéaire internationale. La plage devient alors un espace de contemplation et de loisirs, alors qu'elle n'était autrefois qu'un espace laborieux, très sauvage et peu hospitalier.

Puis, les constructions de villas balnéaires se généralisent : en 1860, Lyona Faber fait construire la villa Sainte-Catherine, aujourd'hui disparue, s'ensuit la villa Napoli, ordonnée par M. de Francesco. En 1865, Lyona Faber fait construire la villa Bric-à-Brac, face à la baie du Prieuré. Son propriétaire, Robert Hamilton, l'aurait nommée ainsi en raison de son architecture improbable. Après 1865, les constructions s'enchaînent, il s'agit encore pour la plupart de villas, à l'architecture complètement folle et libre, toutes de styles extrêmement variés. Auguste Poussineau aménage et lotit la pointe de la Malouine, Albert Lacroix lance la série des Villas de Saint-Enogat… Le comte Joseph Rochaïd Dahdah, d'une fortune considérable, investit son argent à Dinard : il fait construire son château des Deux-Rives, sur la pointe du Moulinet, fait percer rues et boulevards, commande la construction des halles de la Concorde, dans le quartier de la Vallée, et de la gare de Dinard.

Construite par l'architecte Jean Pichot, la villa dinardaise baptisée Eugénie n'a d'impériale que le prénom de la souveraine, qui n'est jamais venue à Dinard. Elle rappelle un simple espoir dinardais : accueillir l'empereur et l'impératrice. La villa Eugénie sera un temps mairie de Dinard, bibliothèque municipale puis musée du Site balnéaire jusqu'en 2004.

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Dans les années 1880, Dinard est la première station balnéaire de France, elle est à son âge d'or. Surnommée « la Dinard aux cent Hôtels » et « la Perle de la Côte d'Émeraude », Dinard réunit l'aristocratie, les personnalités politiques et les intellectuels de tout le continent qui ne logent plus uniquement dans leurs villas privées et fréquentent les hôtels les plus luxueux : Albert Ier, Raymond Poincaré, Agatha Christie, Victor Hugo, Édouard VII, George V, Winston Churchill, Judith Gautier, Jacqueline Kennedy, Lawrence d'Arabie (dans son enfance), Edmond Rostand, Paul Valéry ont passé des vacances à Dinard. C'est une population cosmopolite qui se mélange à la colonie anglaise des débuts.

Pablo Picasso peint sa série de tableaux Les Baigneuses à Dinard, inspiré par la nudité de moins en moins cachée des baigneuses. Les bienfaiteurs de la ville se multiplient : en plus des premiers promoteurs immobiliers, on peut compter Paul Féart, Pierre Levavasseur, Jean Pichot… Mrs Hughes Hallett, originaire de Philadelphie, surnommée « la reine de Dinard », est le symbole de la vie mondaine à l'apogée de la ville : tous les soirs, elle organise des bals et réceptions fastueux qui réunissent toute la « bonne société » dinardaise pour faire la fête toute la nuit, dans la villa Monplaisir (aujourd'hui l'hôtel de ville). Des villas et des hôtels luxueux, destinés à la population élitiste et aristocratique qui fréquente Dinard, fleurissent dans toute la ville. Mais surtout, Dinard est à la pointe de la modernité : eau courante, électricité et lignes téléphoniques sont un confort très rare pour l'époque.

Pour s'adapter à l'afflux grandissant de touristes, l'embarcadère du Bec de la Vallée et le Yacht club sont aménagés, puis la promenade du clair de lune, qui remplace l'ancienne passerelle suspendue et peu sûre.

Dès le début du XXe siècle, La Société anonyme de la Vicomté-en-Dinard réunit des architectes, des industriels et entrepreneurs et des promoteurs immobiliers parisiens ayant un projet : la création du nouveau quartier de la Vicomté comme nouveau centre à la mode à Dinard. En tête de file, les architectes Victor Lesage et Charles Miltgen élaborent des plans et imaginent ce nouveau quartier mondain de villégiature et son casino, son jardin public, son centre commercial, ses courts de tennis, ses villas et ses palaces hôteliers. Avec les fonds de la société sont construits le casino de la Vicomté et l'hôtel Beauvallon. Mais, très vite, la crise économique de 1929 coupe les capitaux et les espoirs du projet pharamineux et ambitieux de la Vicomté en Dinard : le casino est détruit, et l'hôtel Beauvallon est transformé en copropriété. Les autres hôtels, les villas et le centre commercial resteront sous forme de plan.

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Si le rêve du lotissement de la Vicomté ne se réalise pas, Dinard sera avec Biarritz une des deux seules stations françaises qui renouvelleront en grand partie leurs installations balnéaires durant les Années folles. La Grande Guerre va en effet voir disparaître une certaine conception de la haute société qui par son art de vivre et ses goûts, constituait un prolongement de celle du XVIIIe siècle ou tout du moins l'imitait. La vie balnéaire n'est pour elle que la transposition des mondanités (diners formels, thés, bals de toute sorte, concerts, clubs, chasse à courre, courses hippiques, etc.) des villes et des châteaux à la campagne, au bord de la mer. Cette dernière n'a qu'un rôle de « nature picturale » que l'on contemple comme un tableau à l'abri du bowwindow du salon aux boiseries sombres et meubles capitonnés de sa villa ou de sa terrasse, mais sans entrer ou très peu en contact avec elle. Hormis quelques régates mondaines où se croisent yachts impériaux, royaux et grands ducaux, l'essentiel n'est pas là pour cette société.

Un « nouveau grand monde » épris de modernité, de vitesse, de sport, de jazz. va remplacer cette société aux goûts « aristocratiques » et bouleverser les codes. La vie mondaine va désormais se dérouler autour de la plage et de ses activités. La mer et la vie de plein air vont en devenir le prétexte. Or les installations balnéaires de Dinard datent pour la plus part du début du XXe siècle (casino, hôtels) et ne répondent plus aux goûts de cette nouvelle société. Jean Hennessy, qui possède à Dinard une très importante propriété, va alors créer une société d'investissement, la société L’Écluse, dont le but est de renouveler les installations balnéaires de la station. Sa première (et unique) réalisation, qu'il confie à son architecte Marcel Oudin, sera, en 1927, un nouvel hôtel, le Gallic Hôtel, situé aux abords de la grande plage, boulevard Féart. Manifeste d'un Art déco mesuré, ce vaste et luxueux hôtel à la façade en gradins où séjournera Pablo Picasso par deux fois, présente tout le confort recherché par la nouvelle clientèle. Ses 100 salles de bains pour 150 chambres (la moyenne étant d'une salle de bains pour 10 chambres dans les établissements de même standing à l'époque à Dinard), son chauffage central, ses multiples ascenseurs lui assurent un grand succès dès les premières années de son exploitation.

L'ouverture de cet établissement va avoir un impact très important sur le monde hôtelier dinardais qui va chercher à son tour à se mettre « au goût du jour ». Un grand nombre des transformations des établissements existants vont alors être confiées à ce même Marcel Oudin, architecte parisien réputé, qui possédant lui-même une villa à la Fourberie, devenient un des principaux artisans de la mutation du Dinard balnéaire. Il réalise entre autres le club house du Dinard Golf, la modernisation des hôtels de la Mer et Michelet pour la famille Legendre, de la Rotonde du Panorama, du bar La Potinière rue du Casino, du dancing Le Casanova, boulevard Féart. Il dessine les plans du nouvel appontement de la compagnie des Vedettes vertes ainsi que le premier projet non réalisé de pont sur l'estuaire de la Rance à la hauteur du quartier de la Vicomté. Son projet de Palais-piscine thermal sur la digue de la plage de l’Écluse ne sera cependant pas retenu par la ville de Dinard qui lui préférera celui de l'architecte Max Fournier qui réalisera le casino Balnéum. 

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La période de l'entre-deux-guerres présente donc pour Dinard un bilan positif. Les événements extérieurs comme la crise de 1929, ou la Seconde Guerre mondiale ne permettront pas de récolter à court terme les fruits de cette mutation. Cependant, contrairement à certaines autres stations de la Manche qui vont se figer dans le siècle précédent et rapidement disparaître, Dinard en se tournant vers l'avenir durant les années 1920, va promouvoir un art de vivre balnéaire qui est à quelque chose près celui que nous connaissons aujourd'hui et assurer ainsi son avenir.

À partir des années 1930, Dinard cependant entame son déclin de station mondaine : les Britanniques arrêtent peu à peu d'y venir, et d'un coup c'est toute la riche aristocratie qui la déserte. À son climat venteux, on lui préfère la Côte d'Azur, plus à la mode et plus appréciée pour sa douceur méditerranéenne. La ville tombe peu à peu dans l'oubli, seules les villas résistent.

La Seconde Guerre mondiale sonne définitivement le glas de Dinard station balnéaire à la renommée internationale. Le 14 mars 1941, le maire Émile Bara est condamné à six mois de prison par le conseil de guerre de Rennes pour avoir caché des armes. Le préfet Rippert nomme Arsène Jeanne comme nouveau maire le 22 mars 1941. Dans la nuit du 5 au 6 août 1944, une vingtaine de personnes, dont le maire de la ville, un commissaire de police et une partie du conseil municipal, sont arrêtées par les Allemands et emmenés comme otages à la Kommandantur. Relâchés pour la plupart, le maire Arsène Jeanne et Georges Rio rejoindront les otages de la baraque 14 au camp Margueritte de Rennes.  

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Dans les années 1960 et 1970, une vague d'aménagements et de réhabilitations tente d'adapter Dinard au tourisme de masse et à lui redonner du dynamisme : cela passe parfois par la destruction d'éléments architecturaux existants, comme pour la construction du palais des congrès, futur palais des Arts et du Festival, et de sa piscine olympique, puis de l'hôtel Crystal. Dans le quartier Saint-Alexandre sont construits de très hauts lotissements résidentiels préfabriqués tels qu'il en était construit à l'époque, une zone industrielle et artisanale est également créée dans la partie sud de la ville, plus excentrée et le lycée hôtelier Yvon-Bourges est ouvert.

C'est une autre page de l'histoire de la ville qui indique un renouveau amorcé dès les années 1960 mais dont les plus importantes actions, soit la création de la ZZPAUP, valorisant le patrimoine de la ville, et du Festival du film britannique s'opéreront dans les années 1990. À partir des années 2000, la mairie mise beaucoup sur la culture, avec chaque été deux expositions contemporaines (une à la villa Roches Brunes et l'autre au palais des Arts), une exposition éducative en hiver et de nombreux festivals (du film britannique, des jeunes créateurs de mode, les Estivals du rire, la Semaine du cinéma allemand…).

D'après Wikipédia