S'élevant sur les rives du plus grand lac naturel d'origine glaciaire de France, le lac du Bourget, cette station touristique fait également partie des importantes villes thermales françaises. Deuxième ville du département de la Savoie en termes de population, elle compte 29.580 habitants au dernier recensement et fait partie de l'aire urbaine de Chambéry.

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Considérée cinquième ville la plus romantique d'Europe en 2016 par un classement du site europeanbestdestinations.com, Aix-les-Bains, ville-phare de la Belle Époque de renommée internationale, fut un haut-lieu de villégiature pour les familles princières et les gens fortunés. Si aujourd'hui elle confirme plus que jamais son statut de ville d'eau, il n'en demeure pas moins que le thermalisme n'est plus la principale activité du bassin aixois. La cité compense en partie la perte de ses curistes en développant le tourisme. 

Aix est aussi une ville industrielle, avec quelques grosses entreprises comme Alstom et le siège des entreprises Léon Grosse, ABB Cellier, Aixam ainsi qu'une manufacture de haute maroquinerie entre autres. 

Les historiens s’accordent à dire qu’Aix est née de ses sources d’eau à l’époque romaine, sur les restes d’un habitat celtique. Les premières occupations du site ont été datées du premier siècle avant notre ère, cependant rien ne permet d’attribuer ces vestiges à un habitat fixe. Aix est au Ier siècle de notre ère un « vicus », doté d’un conseil, faisant administrativement parti de la cité de Vienne. Quelques citoyens vivent là avec, semble-t-il, des moyens assez importants pour offrir aux dieux un bois sacré, une vigne ou se faire construire un arc funéraire pour le cas de la famille des Campanii.

Les archéologues découvrent un important complexe thermal, à proximité immédiate des sources. Sur une terrasse inférieure, à l’ouest, se trouve l’arc de Campanus, probablement construit au Ier siècle et, plus en aval, une seconde terrasse porte le temple dit de « Diane » qui a remplacé au IIe siècle un édifice circulaire plus ancien, probablement contemporain de l’arc. Des vestiges de nécropoles ont été dégagés au nord du temple. Le parc des Thermes ainsi que différents autres lieux éparpillés en ville, renferment de nombreux vestiges très divers : restes de nécropoles, poteries, etc.

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Arc romain de Campanus

Paradoxalement, si Aix à livré de nombreux documents illustrant l’ancienneté du site et la qualité de l’urbanisme monumental dès le début de l’Empire, nous n’avons aucune connaissance précise sur l’ordonnancement de la bourgade.

L’occupation semble s’être faite à partir de l’édification progressive du complexe thermal, autour duquel ont rayonné des édifices monumentaux présentés sur un système de terrasses, qui ont évolué plusieurs fois au cours de la période romaine. Si les sources chaudes sont à l’origine de l’emplacement choisi, d’autres facteurs, comme la qualité du site, ont peut-être été déterminants. Après la chute de Rome, les destructions dues aux invasions barbares ont laissé des traces d’incendies sur les villas gallo-romaines des environs. Les thermes romains d’Aix tombent en ruine à partir du Ve siècle et la trace des aménagements urbains se perd.

Aix n'est de nouveau mentionnée dans les sources qu’au IXe siècle, en 867, puis en 1011 au travers de chartes et de donations. Dans ces dernières, le roi Rodolphe III de Bourgogne fait don de la ville d’Aix, qualifiée de siège royal, avec ses colons et ses esclaves à sa femme Ermengarde qui, à son tour, les transmets à l’évêché de Grenoble. Cette charte nous apprend qu’Aix est une bourgade, possédant une église et des domaines agricoles. L'évêque Hugues de Grenoble en fait ensuite don au monastère Saint-Martin de Miséréré, au début du XIIe siècle. Celui-ci érige l’église en prieuré cure, sous le vocable de Sainte Marie.

La petite cité est entourée de remparts. Le point central de la cité est le prieuré, à proximité de l’ancien temple romain. Ce centre pourrait être aussi le centre administratif puisqu’au moins depuis le XIIIe siècle, Aix est une seigneurie inféodée à la famille de Seyssel, qui y possède un château, probablement à l’emplacement du château actuel. 

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Au début du XVIe siècle, l'antique église Sainte-Marie est victime d'un incendie dévastateur. Pour la reconstruire les Aixois font appel à Claude de Seyssel, un membre de la famille seigneuriale de la ville, évêque d'Albi, et surtout conseiller particulier du roi de France Louis XII. Grâce à son appui les De Seyssel peuvent faire édifier une église collégiale, dotée d'un chapitre de douze chanoines. Devenue entièrement paroissiale après la Révolution, elle est démolie en 1909, après la construction d'une nouvelle église. Cette église était connue pour abriter une relique de la vraie croix, que l'on venait vénérer d'assez loin. C'est aussi à la fin du Moyen Âge que le château seigneurial d'Aix est reconstruit. Le plafond de la grande salle du rez-de-chaussée est daté de 1400 quant à l'escalier d'honneur, il est construit vers 1590.
 
Le 9 avril 1739, un gigantesque incendie se déclare au centre-ville et détruisit 80 maisons, soit près de la moitié de la ville. Pour la reconstruction on fait appel aux subsides du roi, qui impose un plan d’alignement dont la réalisation est confiée à l’ingénieur Garella. Ce plan va plus loin qu’un simple plan de reconstruction puisqu’il prévoit un véritable alignement des rues, et impose certaines règles d’urbanisme comme, par exemple la construction de maisons de deux étages et d’un rez-de-chaussée ; il interdit également les toits en chaume. Toutefois il reste très limité dans son périmètre puisqu’il ne concerne que le quartier incendié, soit la rue principale (rue Albert-Ier), la place centrale (place Carnot) et la rue des Bains.

C'est au début du XVIIe siècle, que les Aixois et le monde médical commencent à être sensibilisés à la valeur des sources d’eau chaude d’Aix, grâce aux célèbres écrits du médecin dauphinois Jean Baptiste Cabias, suivi en ce domaine par d’autres médecins de renommée. En effet, depuis l’antiquité l’exploitation des sources d’eau chaude n’a jamais été totalement oubliée. On se baigne à Aix au Moyen Âge et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, soit dans la seule piscine romaine existant encore, à l’air libre, soit chez l’habitant où l’on se fait livrer l’eau thermale par porteur. En 1737, afin de protéger les eaux thermales des infiltrations d’eau du ruisseau qui traversent la ville, un important chantier est programmé par l’Intendance générale. C’est au duc de Chablais, fils du roi Victor Amédée III, qu’Aix doit sa renaissance, car c’est lui qui après avoir goûté au bienfait des sources mais déclare avoir été mal logé, suggère au roi, la construction d’un établissement thermal. Le roi charge le comte de Robiland de dresser les plans d’un établissement de bains. Celui-ci est construit de 1779 à 1783 sous la direction de l’ingénieur Capellini. Cette date marque aussi le début de la démolition de l’ancien centre ville, car à la suite de cette construction imposante, on commença à dégager les alentours des maisons pour créer une place. Ce premier établissement thermal devient un facteur important de développement.

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Les thermes nationaux

Pendant toute cette période et jusqu’à la Révolution, la ville accueille un nombre à peu près stable d’environ 600 curistes l’an, dont une majorité de Français. En 1783, pour agrémenter la vie des curistes, le conseil de la commune fait édifier une promenade publique paysagée : le Gigot, actuellement square A.Boucher. A part les jardins privés, c’est là la naissance du premier acte d’urbanisme concernant les espaces verts, qui donne un coup de pouce au développement de la ville de ce côté des remparts, le long de la route de Genève. En 1792 les troupes révolutionnaires françaises entrent en Savoie. Le thermalisme marque alors le pas. Les thermes sont réquisitionnés par les armées de la République, qui y envoie les soldats blessés en convalescence. Mais c’est par ailleurs une occasion de faire connaître Aix au plus grand nombre.

La Révolution abolit les privilèges de la noblesse locale, et la liberté du commerce donne un nouveau souffle à la création d’une économie basée sur l’exploitation des sources thermales, dès la paix retrouvée. On assiste alors au développement de pensions, d’hôtels, de cabarets et de restaurants entre autres. En revanche, la Révolution laisse ses marques sur les biens d’église : abandon de la collégiale, destruction du clocher et du mobilier d’église.

Le petit môle portuaire de Puer, construit sous l’Ancien Régime (1720) devient un véritable port. D’abord fréquenté par les bateaux ravitaillant les troupes de l’Armée des Alpes, doté d’un magasin militaire, il est progressivement aménagé pour l’exportation de marchandises et notamment de la verroterie issue des ateliers installés au bord du lac. Désormais l’on l’appelle le Port de Puer. Le développement de ce quartier implique la mise en état de « l’avenue du Lac » et toute cette activité attira les premières constructions en alignement le long de cette voie fréquentée, hors du centre et des villages existants.

Avec l'Empire, le thermalisme redevient important sur la cité thermale. C'est à cette période que des personnalités mondiales viennent à Aix-les-Bains comme la famille Bonaparte. Les curistes arrivent en masse. Au niveau de l'urbanisme, un plan d'embellissement des rues est adopté. Il a pour objectif de « redresser les rues en fonction de l'établissement thermal ». Un itinéraire de délestage est même prévu et de nouveaux axes périphériques sont créés permettant à la ville de s'agrandir à ses extrémités.

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Hôtel Beau Site

En octobre 1816, le premier séjour d'Alphonse de Lamartine dans la cité thermale constitue l'un des éléments fondateurs du mouvement artistique le Romantisme. De retour à Aix-les-Bains l'année suivante, il écrit les premiers vers du poème Le Lac.

En 1860, grâce à l'annexion de la Savoie par la France, les difficultés douanières qui perturbent l'économie aixoise sont supprimées. En 1866, le château des marquis d'Aix est racheté ce qui permet d'y établir un hôtel de ville ; ainsi, le bâtiment prend une fonction administrative. La voie ferrée et la construction de la gare transforment d'une manière assez importante le paysage urbain aixois, en le séparant en deux zones bien délimitées. Une nouvelle voie est créée, l'actuelle avenue Charles-de-Gaulle.

Grâce aux nombreux aménagements établis par la municipalité, l'économie thermale progresse d'une manière fulgurante. Près de 8000 curistes sont dénombrés en 1870, environ 14.000 en 1875 et 24.000 dix ans plus tard, en 1885. Le grand Port et les abords du lac deviennent des lieux hautement touristiques à la fin du XIXe siècle. Cet essor économique favorise la création de palace et d'hôtels prestigieux. Vers les années 1880, l'urbanisation avance sur les coteaux d'Aix-les-Bains au détriment des activités agricoles et viticoles.

En 1892 est inaugurée par Jules Roche, alors ministre du Commerce et de l'Industrie, la ligne nouvelle du petit train à crémaillère reliant Aix au plateau du Revard. Elle permet de transporter jusqu'à 550 passagers. La ligne est fermée au transport des voyageurs le 25 octobre 1935 mais a continué en 1936 pour les transport des marchandises et des matériaux utilisés pour la construction du nouveau téléphérique, capable de transporter avec deux cabines 40 personnes en 10 minutes d'Aix à la station de montagne du Revard. Victime d'un grave incident mécanique en mai 1968 (qui fort heureusement n'aura causé aucune mort) et faute de moyens financiers, il cesse toute activité en 1969 ; supplanté par la route. 

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Château de la Roche du Roi

Durant la Première Guerre mondiale, l'activité économique et thermale de la cité s'éteint malgré une diversification des activités vers les années 1920. Une grande usine de constructions électriques est implantée sur Aix pendant la Grande Guerre. Après la première guerre, la ville reprend vie et de nouveaux aménagements du territoire sont planifiés. Des logements et des quartiers se développent alors.
Puis vient la Seconde Guerre mondiale. L'armée italienne, commandée par Umberto de Savoie et le général Alfredo Guzzoni se lancent sur les secteurs du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis. Face à eux, les hommes du général René Olry réussissent à résister. Dans la vallée, les Allemands passent le Rhône à Culoz et entrent dans Aix-les-Bains. La signature de l'armistice le 22 juin 1940 met fin aux combats. Mais un second armistice est signé avec l'Italie le 24 juin qui exige l'occupation de la Haute-Tarentaise et la démilitarisation de la frontière. 

Après les deux guerres, Aix s'oriente de nouveau vers le thermalisme. Elle devient même la première station thermale de France dans les années 1980 avec près de 60.000 curistes. L'aristocratie étant moins présente, la ville attire petit à petit une clientèle de masse et, en conséquence, la plupart des palaces et grands hôtels ferment leurs portes dans les années 1950 et 1960. La population augmente alors fortement et de nouveaux lotissements sont construits.

Les négociations concernant l'indépendance du Maroc se sont déroulées à Aix-les-Bains. Lors de la conférence de septembre 1955, le président du Conseil français, Edgar Faure, résume publiquement, le compromis proposé au Maroc. Jusqu'alors, le territoire marocain était juridiquement sous protectorat français et avait pour sultan l'exilé Mohammed Ben Youssef. Les négociations sont organisées en la présence de nombreuses personnalités et organisations françaises et marocaines. Le Maroc est définitivement proclamé indépendant lors de la déclaration de la Celle Saint-Cloud le 6 novembre 1955.

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En 2005, à l'occasion de la commémoration du cinquantenaire de la négociation des accords de l’Indépendance du Maroc, une fontaine est construite, avec un bassin en zellige marocain. Des artisans sont venus tout spécialement pour réaliser cet ouvrage dans le parc floral des Thermes. Le projet a été pris en charge par le conseil régional du tourisme de la ville de Fès et l’office du tourisme.

En 2016, pour fêter le 60e anniversaire de l’indépendance du Maroc, la ville accueille les « Journées franco marocaines Auvergne Rhône-Alpes ». Ainsi, pendant deux semaines consécutives, un village marocain est installé autour de la fontaine au centre du parc floral. Diverses animations, voire des cérémonies, sont programmées sur l'échéance des quinze jours sur la cité thermale.

D'après Wiki