Le Musée Juif de Berlin (en allemand : Jüdisches Museum Berlin) est l'un des musées les plus grands d’Europe. Situé dans le quartier de Kreuzberg à Berlin, il est constitué par deux bâtiments abritant une exposition permanente et de nombreuses expositions temporaires retraçant deux millénaires d’histoire des juifs en Allemagne. Il accueille environ 700.000 visiteurs par an.

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La construction d'origine date de 1735, elle est commandé à l'architecte Philipp Gerlach par Frédéric-Guillaume Ier afin d'y abriter les services de l'administration royale. Puis il devient l'ancien siège de la chambre suprême de Prusse qui y siége jusqu'en 1913, date à laquelle la cour déménage à Schöneberg.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'édifice est sérieusement endommagé par les bombardements si bien que seuls les murs extérieurs résistent. Il est reconstruit en 1963, et le musée de la ville de Berlin prend possession des locaux en 1969. Il sert aujourd'hui d'entrée au musée juif. Les deux bâtiments sont reliés par un souterrain situé à plusieurs mètres de profondeur.

Le Glashof édifiée spécialement pour celui-ci entre 1993 et 1998 par l’architecte américain d'origine polonaise Daniel Libeskind, dont ce fut la première œuvre. Il est surnommé le Blitz (« éclair ») par les Berlinois à cause de son plan morcelé. 

Il est constitué essentiellement de béton brut (structure) et de métal (enveloppe en zinc) qui va changer de couleur après plusieurs années et  marquera encore plus les entailles des fenêtres. Le bâtiment tendra vers le bleu ou le vert. L'architecte a appelé son projet Between the lines - entre les lignes -, qui décrit la tension inhérente à l’histoire germano-juive selon deux lignes : une ligne droite et morcelée par des vides, une ligne tortueuse et ouverte à son extrémité. Au dehors se trouvent deux édifices : la « Tour de l'Holocauste » et le « Jardin de l'Exil ».

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Le sous-sol du musée est composé de trois axes qui s'entrecroisent et symbolisent le destin des Juifs au XXe siècle.

L'axe de l'Exil représente l'émigration. Il mène au « Jardin de l'Exil ». Bien qu'à ciel ouvert, il n'en reste pas moins clôturé par des murs très hauts. Cette sortie à l’air libre n’étant en effet qu'un semblant de liberté, puisque l'exil n’est pas choisi mais forcé. Le sol du jardin est incliné de 10 degrés sur son angle nord, de manière à ce que le visiteur soit désorienté et déstabilisé à chaque pas, comme l’est toute personne exilée contrainte de vivre dans un nouvel univers. Le jardin est composé de 49 piliers au sommet desquels sont plantés des oliviers, symboles de déracinement et d'arrachement à la terre natale, mais aussi symboles de paix et d'espoir. Le nombre de piliers s'explique par l'année de création de l'État d'Israël (1948), le 49ème pilier au milieu du jardin représentant l'Allemagne et la ville de Berlin. De plus, le chiffre 7 (7x7 = 49) est un chiffre biblique sacré.

L'axe de l'Holocauste représente la mort. Il mène à la « Tour de l'Holocauste », une tour de béton brut ouverte par une maigre entaille à son sommet d'où parvient la lumière extérieure. La tour communique avec le reste du bâtiment par les sous-sols. Daniel Libeskind n'a pas souhaité donner une interprétation particulière à cette tour, même si beaucoup de visiteurs la comparent à une chambre à gaz. La faible lumière parvenant du sommet est souvent comparée à l'espoir.

L'axe de la Continuité représente la vie. C'est l'axe le plus long du musée. Il représente la continuité de la présence juive en Allemagne et mène aux trois niveaux d'exposition du musée au travers d'un grand escalier rappelant l'échelle de Jacob.

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Le jardin de l'exil

Le musée comporte dans son architecture cinq espaces vides, nommés « voids » (de l'anglais void : vide). Ils représentent des espaces à part, où il n'y a rien à exposer, suite à la destruction d'une partie de la culture juive au travers de la Shoah. 

Un premier musée exposant la culture juive avait été est fondé à Berlin en 1934 mais sera fermé en 1938 pendant le régime nazi. L'idée de la réouverture d'un tel musée en Allemagne apparaît en 1971, puis prend forme en 1975 à travers la naissance d'une association qui promeut ce projet. Un concours est lancé en 1988. Le bâtiment est livré en 1999, et sera finalement inauguré en 2001. 

Des objets d'art, pour certains uniques tels un chandelier de Hanoucca réalisé en 1776 par le maître berlinois Georg Wilhelm Margraff, des lettres, des objets de la vie courante, des objets du culte en relation directe avec des éléments multimédia, des dessins d'enfants remplissent largement l'espace. Les scénographes veulent faire sentir la richesse de cette culture, sa diversité, mais aussi l'ampleur du choc qu'a représenté le nazisme allemand pour cette communauté.

10.000 visages découpés dans des disques d'acier jonchent le sol du Memory Void, l'un des deux espaces vides de l’édifice accessibles au public. L’artiste israélien Menashe Kadishman a dédié son œuvre non seulement aux Juifs assassinés durant la Shoah, mais aussi à toutes les victimes de la violence et de la guerre. Les visiteurs sont invités à marcher sur ces visages et à écouter les sons produits par les disques de métal qui s’entrechoquent.

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Le Rafael Roth Learning Center, situé au sous-sol du bâtiment, est un espace multimédia équipé d’ordinateurs qui propose aux visiteurs interviews, histoires et explorations approfondies d’objets venant compléter les expositions.

A voir un jour.

D'après Wikipédia