L'architecture bouddhiste japonaise désigne l'architecture des temples bouddhistes au Japon, consistant en variantes mises au point localement de styles architecturaux nés en Chine.

Après l'arrivée du Bouddhisme de Corée au VIe siècle, un effort a été initialement fait pour reproduire les bâtiments d'origine aussi fidèlement que possible, mais des versions locales des styles continentaux se sont progressivement développés, à la fois pour répondre aux goûts japonais et afin de résoudre les problèmes posés par la météo locale, plus pluvieuse et humide qu'en Chine. Les premières sectes bouddhistes sont les six sectes de Nara, Nanto Rokushu, suivies durant l'époque de Heian par les sectes Kyoto, Shingon et Tendai. Plus tard, durant l'époque de Kamakura, apparaissent à Kamakura la secte Jodo et la secte vernaculaire Nichiren Shu. À peu près à la même époque, le Bouddhisme Zen arrive de Chine, influençant fortement toutes les autres sectes de plusieurs façons, y compris en architecture. La composition sociale des adeptes du Bouddhisme change aussi radicalement avec le temps. Au début, c'est la religion de l'élite, mais lentement elle s'étend des nobles aux guerriers, aux marchands et enfin à la population dans son ensemble. Sur le plan technique, de nouveaux outils de travail du bois comme la scie de charpentier et le rabot permettent de nouvelles solutions architecturales.

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Le toit est l'élément dominant d'un temple bouddhiste

Les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoïstes partagent des caractéristiques de base et ne diffèrent souvent que par des détails que le non-spécialiste peut ne pas remarquer. Cette similarité provient de ce que la nette division entre les temples bouddhistes et les sanctuaires shinto est récente puisqu'elle date de la politique de séparation des deux confessions, mise en œuvre en 1868 durant l'ère Meiji. Avant la restauration de Meiji, il était courant de construire un temple bouddhiste à l'intérieur ou à côté d'un sanctuaire ou d'inclure des sous-temples bouddhistes au sein d'un sanctuaire shinto. De manière analogue, les temples dans tout le Japon adoptaient des kamis tutélaires (divinités japonaises) et construisaient des sanctuaires sur leurs sites afin de les héberger. Après la séparation forcée des temples et des sanctuaires, ordonnée par le nouveau gouvernement, le lien entre les deux religions a été officiellement rompu, mais a néanmoins perduré dans la pratique et est encore visible aujourd'hui.

L'architecture bouddhiste au Japon pendant toute l'histoire du pays a absorbé une grande partie des meilleures ressources naturelles et humaines disponibles. En particulier entre le VIIIe et le XVIe siècle, elle a permis l'élaboration de nouvelles caractéristiques structurelles et décoratives. Pour ces raisons, son histoire est essentielle à la compréhension non seulement de l'architecture bouddhiste elle-même, mais aussi de l'art japonais en général.

Caractéristiques générales 

L'architecture bouddhiste au Japon n'est pas indigène, mais a été importée de Chine et d'autres cultures asiatiques au cours des siècles avec une telle constance que les styles de construction des six dynasties y sont tous représentés. Son histoire est par conséquent dominée d'un côté par les styles et les techniques de Chine et d'autres pays asiatiques (présents même à Ise-jingū, considéré comme la quintessence de l'architecture japonaise), et de l'autre par les variations japonaises originales sur ces thèmes.

En partie à cause de la variété des climats au Japon d'une part et du millénaire écoulé entre la première et la dernière importation culturelle d'autre part, le résultat est extrêmement hétérogène, mais plusieurs caractéristiques pratiquement universelles se retrouvent néanmoins. Le choix des matériaux tout d'abord, toujours en bois sous diverses formes (planches, paille, d'écorce d'arbre, etc.) pour presque toutes les structures. Contrairement aux architectures chinoise et occidentale, l'utilisation de la pierre est évitée, sauf pour certains usages spécifiques comme les podiums des temples et les fondations des (version japonaise de la pagode ou de la stupa indienne).

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Reconstitution de l'agencement original d'Asuka-dera

La structure générale est presque toujours la même : colonnes et linteaux supportent un grand toit légèrement courbé tandis que les murs sont minces comme du papier, souvent mobiles et en aucun cas porteurs. Arches et toits en berceau sont totalement absents. Les pignons et les courbes des avant-toits sont plus discrets qu'en Chine et les entasis (renflements) de colonne (convexité au centre) limités.

Le toit est l'élément le plus impressionnant visuellement, constituant souvent la moitié de la taille de tout l'édifice. Couvrant des vérandas, les débords de toit légèrement incurvés s'étendent bien au-delà des murs et leur poids doit donc être pris en charge par de complexes systèmes de soutien appelés tokyo. Ces toits surdimensionnés confèrent à l'intérieur une pénombre caractéristique qui contribue à l'atmosphère du temple. L'intérieur du bâtiment se compose normalement d'une seule pièce centrale appelée moya, à partir de laquelle partent parfois d'autres espaces moins importants, par exemple des couloirs appelés hisashi.

Les divisions de l'espace intérieur sont fluides et la taille de la pièce peut être modifiée grâce à l'utilisation de paravents ou de murs de papier mobiles. L'unique et grand espace offert par le principal bâtiment peut donc être modifié en fonction de la nécessité. La séparation entre l'intérieur et l'extérieur n'est elle-même, dans une certaine mesure, pas absolue puisque des murs entiers peuvent être enlevés, permettant l'ouverture du temple pour les visiteurs. L'utilisation de modules de construction conserve constantes les proportions entre les différentes parties de l'édifice, préservant ainsi son harmonie d'ensemble.

Ces caractéristiques étant partagées par l'architecture sacrée comme par l'architecture profane, elles permettent facilement de convertir un bâtiment profane en un temple. Ce qui est arrivé par exemple à Hōryū-ji où le manoir d'une femme de la noblesse a été transformé en un édifice religieux.

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Ishiyama-dera

Histoire 

Période Asuka et époque de Nara

Les premiers Bouddhistes en provenance du continent arrivent via la Corée au VIe siècle. Après que cette nouvelle religion ait été officiellement adoptée à la suite de la bataille de Shigisan en 587, les temples bouddhistes commencent à être construits après cette date. En raison de l'hostilité envers le Bouddhisme des partisans des croyances locales aux kamis (divinités japonaises), aucun temple de cette période n'a survécu de telle sorte que nous ignorons à quoi ils ressemblaient. Cependant, grâce au Nihon Shoki (histoire du Japon, écrite au VIIIe siècle), nous savons qu'un architecte, six prêtres bouddhistes et un créateur d'images du royaume coréen de Paekche sont venus au Japon en 577 pour conseiller les Japonais sur l'agencement des bâtiments monastiques. Soga no Umako a construit Hōkō-ji, le premier temple au Japon, entre 588 et 596. Il est renommé Asuka-dera ultérieurement d'après Asuka, nom de la capitale où il est situé. Le prince Shōtoku promeut activement le Bouddhisme et ordonne la construction de Shitennō-ji à Osaka (593) et de Hōryū-ji près de son palais d'Ikaruga à Nara (achevé en 603)9.

Pendant cette période, l'agencement du temple est strictement prescrit et suit les styles du continent, avec une entrée principale orientée plein sud et la zone la plus sacrée entourée par un couloir semi-fermé couvert (kairō) accessible par une porte centrale (chūmon). L'enceinte sacrée contient une pagode qui fait office de reliquaire pour les objets sacrés, et un kon-dō (bâtiment principal). Le complexe peut comprendre d'autres ouvrages tels qu'une salle de cours (kō-dō), un clocher (shoro), un dépôt de sutras (livres religieux) (kyōzō), des quartiers pour les prêtres et les moines et des bains. Le temple idéal est formé d'un cœur composé de sept bâtiments appelés shichidō garan, ou « temple aux sept bâtiments ». Le Bouddhisme, et la construction de temples, s'étendent de la capitale vers les zones périphériques durant la période Hakuhō, de 645 à 710. Par ailleurs, de nombreux temples sont construits dans des endroits privilégiés par les préceptes de la géomancie chinoise. La disposition non seulement des bâtiments, des groupes d'arbres et des étangs du complexe, mais aussi l'emplacement des montagnes et d'autres caractéristiques géographiques dans des directions particulières autour du temple jouent également un rôle important.

L'école de pensée chinoise des cinq éléments estime que de nombreux phénomènes naturels se rangent sous cinq catégories. Il existe six groupes de cinq catégories qui régissent la construction des édifices :

  • Cinq éléments : Bois Feux Terre Métal Eau
  • Position : Est Sud Centre Ouest Nord
  • Climat : Venteux Chaud Humide Sec Froid
  • Couleur : Vert Rouge Jaune Blanc Noir
  • Évolution des êtres vivants : Naissance Croissance Changement Affaiblissement Cache
  • Signification symbolique : Prospérité Richesses et honneur Pouvoir Désolation Mort

Un palais pour un nouveau prince par exemple est placé à l'est pour symboliser la naissance, et des tuiles jaunes sont utilisées pour son toit afin de symboliser la puissance.

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Toshodai-ji

La théorie des cinq éléments est également à la base du gorintō, stūpa en pierre extrêmement commune. Ses cinq sections (un cube, une sphère, une pyramide, un croissant et d'un redent en forme de lotus) représentent chacune l'un des cinq éléments.

La numérologie chinoise joue également un rôle important. Selon l'école yin-yang qui apparaît vers -305, le yang se rapporte au soleil, à la chaleur, à la masculinité et aux nombres impairs, tandis que le yin renvoie à leurs contraires. Dans les groupes de bâtiments par conséquent, les grandes salles se présentent en nombres impairs, car on croit que les salles elles-mêmes sont yang. Étant yang, les nombres impairs en général sont considérés comme positifs et heureux aussi le Bouddhisme montre-t-il une préférence pour les nombres impairs. Dans le cas de pagodes à étages, qu'elles soient en pierre ou en bois, le nombre d'étages est presque toujours impair. Pratiquement toutes les pagodes en bois possèdent soit trois soit cinq étages. Il a existé quelques pagodes avec un nombre différent d'étages, mais aucune n'a subsisté.

En raison des incendies, des tremblements de terre, des typhons et des guerres, peu de ces anciens temples sont parvenus jusqu'à nous. Hōryū-ji, reconstruit après un sinistre en 670, est le seul possédant encore des bâtiments du VIIe siècle, les plus anciens bâtiments en bois existants au monde.

Contrairement aux premiers sanctuaires de culte des kamis, les premiers temples bouddhistes sont très ornementaux et strictement symétriques. À partir de Hōryū-ji à la fin du VIIe siècle, les temples commencent à s'orienter vers des plans au sol en situation irrégulière qui aboutissent à un arrangement asymétrique des bâtiments, à l'utilisation accrue de matériaux naturels tels que l'écorce de cyprès au lieu de tuiles pour les toitures et à une prise de conscience accrue de l'environnement naturel avec l'installation de bâtiments parmi les arbres. Cette adaptation est facilitée par le shinbutsu shūgō (syncrétisme des kamis et du Bouddhisme), qui, par le biais du culte japonais traditionnel de la nature, fait porter au Bouddhisme une attention accrue à l'environnement naturel.

Durant la première moitié du VIIIe siècle, l'empereur Shōmu décrète la construction de temples et de couvents dans chaque province ainsi que l'érection du Tōdai-ji comme centre du réseau des temples. Inauguré en 752, le Tōdai-ji présente des dimensions monumentales avec deux pagodes à sept niveaux faisant chacune quelque 100 m de haut et un grand bâtiment du Bouddha (daibutsuden) d'environ 80 × 70 m. Le Bouddhisme de l'époque de Nara se caractérise par sept temples influents financés par l'État appelés Nanto Shichi Daiji. Des structures octogonales telles que le bâtiment des rêves à Hōryū-ji construit comme salles mémoriales et des entrepôts illustrés par le Shōsō-in apparaissent pour la première fois durant l'époque de Nara. Les ouvrages attenants aux temples tels que les pagodes et les salles principales augmentent considérablement de taille depuis la fin du VIe siècle. La situation des pagodes se déplace vers des endroits plus périphériques et le système de support des toit croît en complexité au fur et à mesure que les toits s'agrandissent et s'alourdissent.

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Gorinto

Une autre initiative précoce en vue de concilier le culte des kamis avec le bouddhisme, consiste au VIIIe siècle (époque de Nara) en la fondation de ce qu'on appelle les jungū-ji ou « sanctuaires-temples ». L'utilisation dans un temple shintoïste d'objets religieux bouddhistes est jugée nécessaire, car les kamis sont des êtres perdus, dans l'attente de leur libération par le pouvoir de Bouddha. On pense que les kamis sont soumis au karma et à la réincarnation comme des êtres humains, et les premières histoires bouddhistes rapportent comment la tâche d'aider les kamis souffrants est prise en charge par les moines errants. Afin d'améliorer le karma du kami local par des rites et la lecture de sūtras, le moine construit un temple à côté du sanctuaire du kami. 

À la fin de ce même siècle, dans ce qui est considéré comme la deuxième étape de la fusion, le kami Hachiman est déclaré divinité-protecteur du dharma et un peu plus tard, bodhisattva21. Des sanctuaires commencent à lui être bâtis dans les temples, marquant ainsi une importante avancée dans le processus de fusion des cultes kami et bouddhistes21. Quand est construit le grand Bouddha de Tōdai-ji à Nara, un sanctuaire pour Hachiman est également érigé dans les jardins du temple à cause d'un souhait exprimé par le kami lui-même selon la légende23. Cette coexistence du culte du bouddhisme et des kami en religion comme en architecture se poursuit jusqu'à l'« ordre de séparation Bouddha-kami » (神仏判然令, shinbutsu hanzen-rei?) de 186821.

Époque de Heian 

Au cours de la période Heian, le Bouddhisme s'imprègne encore davantage d'éléments japonais : il découvre et assimile les croyances locales concernant les fantômes et les esprits et développe des caractères proches de la magie et de la sorcellerie qui lui permettent de pénétrer un large éventail de classes sociales. Sa fusion avec la croyance religieuse indigène s'accroît ensuite par la systématisation du syncrétisme du Bouddhisme avec les croyances religieuses locales. C'est dans cet environnement historique que Fujiwara no Michinaga et l'empereur retiré Shirakawa participent à la fondation de nouveaux temples, processus qui donne naissance à l'architecture Jōdo-kyōn et au nouveau style architectural wayō.

Le début de l'époque de Heian (IXe et Xe siècles) voit une évolution des styles basée sur le Bouddhisme ésotérique des sectes Tendai et Shingon. Ces deux sectes suivent fidèlement la tradition architecturale Nanto Rokushū dans les plaines, mais développent un style original dans les régions montagneuses. Cette évolution est facilitée par la fusion syncrétique du Bouddhisme étranger avec les cultes locaux d'adoration de la montagne. Appelé wayō pour le distinguer des styles chinois importés, il se caractérise par la simplicité, l'abstention de l'ornementation, l'utilisation du bois naturel et en général de matériaux simples. Structurellement, il se caractérise par une salle principale divisée en deux parties : une zone extérieure pour les novices et une zone intérieure pour les initiés ; un toit à pignon couvrant les deux zones ; un plancher surélevé en bois au lieu des planchers de tuiles ou de pierre des temples précédents ; des avant-toits étendus pour couvrir les marches du perron ; des bardeaux ou de l'écorce plutôt que des couvertures en tuiles et une disposition du garan s'adaptant à l'environnement naturel au lieu de suivre les dispositions symétriques traditionnelles.

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Kiyomizu-dera

C'est à cette époque que le tahōtō, tour à deux étages ayant une certaine ressemblance avec les stūpas indiens, est aussi introduit par ces sectes. Selon une ancienne prophétie bouddhiste, le monde doit entrer dans une période sombre en 1051. Pendant cette période, la secte Tendai croit que l'illumination ne sera possible que grâce à la vénération d'Amida Buddha. Par conséquent, de nombreux prétendus « bâtiments du paradis » (ou d'Amida) tels que le bâtiment du phénix à Byōdō-in (1053), le bâtiment principal de Jōruri-ji (1157) et le bâtiment d'or à Chūson-ji (1124), sont construits par la famille impériale ou des membres de l'aristocratie afin de recréer le paradis occidental d'Amida sur Terre. Les bâtiments d'Amida consacrés aux neuf statues d'Amida sont populaires au XIIe siècle (fin de l'époque de Heian). La Grande Salle de Jōruri-ji est cependant le seul exemple d'une telle salle encore existante de nos jours.

Époques de Kamakura et de Muromachi  

L'époque de Kamakura (1185–1333) voit l'arrivée au pouvoir de la caste des guerriers qui exprime dans son architecture religieuse ses besoins et ses goûts. Le Zen arrive au Japon en provenance de Chine et la secte Jōdō devient indépendante. En architecture, cette période est caractérisée par la naissance de conceptions nouvelles et rationnelles. Le style daibutsu et le style zen apparaissent à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle.

Le premier, introduit par le prêtre Chōgen, est basée sur l'architecture de la dynastie Song et représente l'antithèse du style wayō, simple et traditionnel. Le nandaimon de Tōdai-ji et le bâtiment Amida à Jōdo-ji sont les seuls exemples encore existants de ce style. Appelé à l'origine tenjikuyō, il a été rebaptisé daibutsuyou au XXe siècle par l'universitaire Ōta Hirotarō.

Le style zen s'appelle à l'origine kara-yō et, comme le style daibutsu, a été renommé par Ōta. Ses caractéristiques sont des sols en terre, des toits en pente subtilement courbés et des toits principaux en courbes prononcées, des fenêtres en ogive et des portes en panneaux. Le shōrō à Tōdai-ji, le bâtiment du fondateur à Eihō-ji et le shariden au Engaku-ji sont représentatifs de ce style. Le Garan Zen n'a généralement pas de pagode et, quand cela arrive, elle est reléguée à une position périphérique.  

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Todai-ji

Ces trois styles (wayō, daibutsuyō et zen) se combinent souvent durant l'époque Muromachi (1336–1573), donnant naissance au style appelé « éclectique ». L'architecture bouddhiste japonaise atteint l'apogée de son développement à la fin de l'époque Muromachi (fin du XVIe siècle). Les méthodes de construction sont perfectionnées et les types de construction conventionnels.

Époques Azuchi-Momoyama et Edo 

Après les turbulences de l'époque Sengoku et l'établissement du shogunat Tokugawa en 1603, de vieux temples comme Hieizan, Tō-ji et Tōdai-ji perdent de leur puissance et les écoles bouddhiques sont dépassées en influence par le Nichiren Shū et le Jōdo-shū. L'époque d'Edo est une période de ferveur de construction sans précédent dans l'architecture religieuse. Le nombre de fidèles venus pour la prière ou en pèlerinage augmente de sorte que les conceptions changent pour tenir compte de leurs besoins et des efforts sont faits pour captiver leur attention. Les sectes anciennes se limitent à faire revivre les styles et les idées du passé tandis que les nouvelles disposent de grands espaces et présentent des conceptions complexes. Les deux, en dépit de leurs différences, ont en commun le recours à la splendeur et à l'excès.

Les premiers temples pré-modernes sont sauvés de la monotonie par des détails structuraux élaborés, l'emploi de pignons karahafu ondulant et l'utilisation de bâtiments de taille monumentale. Alors que la conception structurelle tend à devenir progressivement plus rationnelle et efficace, la surface des édifices religieux fait tout le contraire, devenant de plus en plus élaborée et complexe. Après que le milieu de l'époque d'Edo a passé son zénith, l'architecture religieuse finit par répéter de vieilles idées, perd son esprit d'innovation et entame son déclin final. Le karamon du Hōgon-ji et le bâtiment principal (hon-dō) du Kiyomizu-dera, sont des exemples représentatifs de l'architecture religieuse des époques Momoyama (1568–1603) et Edo (1603–1868).

Ère Meiji

En 1868, le gouvernement promulgue sa politique de séparation des bouddhas et des kamis avec des conséquences catastrophiques pour l'architecture des temples et des sanctuaires. Jusqu'àlors, le syncrétisme des kamis et des bouddhas avait posé peu de problèmes et apporté une certaine harmonie entre les fidèles des deux religions. Parce que de nombreuses structures sont devenues illégales là où elles se trouvent, comme les pagodes bouddhistes dans l'enceinte des sanctuaires shintoïstes, elles doivent être détruites selon la lettre de la loi. Environ 30 000 bâtiments bouddhistes sont démolis entre 1868 et 1874. Le Bouddhisme s'est finalement relevé dans de nombreuses régions du pays, mais dans d'autres par contre, notamment dans la préfecture de Kagoshima, il y a encore une quasi-absence de structures bouddhistes. Grâce au système syncrétique, de nombreuses coutumes ont évolué qui sont encore en pratique et sont mieux comprises dans le contexte syncrétique.  

D'après Wikipédia