Une bretèche est un petit avant-corps rectangulaire ou à pans coupés, plaqué en encorbellement sur un mur fortifié au Moyen Age (mur de château fort, forteresse ; ville, ferme, manoir ou église fortifiés), défendant ainsi la base de la muraille (bretèche de façade), une ouverture dans ce mur (porte, poterne) ou un angle (bretèche d'angle).

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D'abord ouvrage en charpente de bois au XIe siècle apparu dans les châteaux des Croisés en Terre Sainte, la bretèche est construite sur des corbeaux ou des consoles, supports en bois puis en pierre ; l'ouvrage est par la suite construit dans son entier en pierre pour se prémunir des flèches enflammées : le mâchicoulis continu peut être vu comme la transposition des bretèches discontinues qui ceinturent toute la muraille.

La bretèche, devenue un dispositif prépondérant en matière de flanquement à partir du XIIIe siècle, s'ouvre sur la partie inférieure par des jours (ouvertures carrées ou larges rainures) pour le tir ou le jet de pierres, de pièces de bois, de sable chauffé à blanc ou de matières brûlantes : poix, soufre et salpêtre, plomb fondu, chaux vive liquide ou eau bouillante (l'emploi d'huile bouillante, produit précieux et donc onéreux, réclamant beaucoup de temps et de bois de chauffe pour être portée à ébullition, est rarissime bien que souvent mentionné dans la culture populaire, de même que l'eau qui est une ressource rare lors d'un siège).

Généralement garnie latéralement et sur le front de créneaux et merlons pouvant être couverts par un volet en bois pivotant sur un montant à tourillon, elle est parfois surmontée d'un toit en appentis ou à pans. Elle est le plus souvent placée sur les courtines intérieures (elle permet alors de contrôler les courtines extérieures) ou au-dessus de l'accès d'un château-fort, munie d'archères ou de meurtrières, ces derniers permettant de défendre la porte située en dessous par un tir plongeant. 

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Une bretèche peut être parfois confondue avec des... latrines, mais ces dernières, sans usage défensif, sont en encorbellement sur un mur, dépourvues d'ouverture et sont plus étroites : elle reposent généralement sur deux corbeaux au lieu de trois ou quatre pour une bretèche. Ceci dit, il arrive que la bretèche serve aussi de latrines.

Avec le déclin des éléments défensifs de l'architecture militaire au Moyen Age au XVe siècle, la bretèche prend une fonction décorative (fausse bretèche). Le terme subsiste dans les toponymes (exemple : Saint-Nom-la-Bretèche) et anthroponymes (exemple : Bretécher) puis a pris un sens architectural plus général : balcon ajouré en saillie sur la façade d'une mairie, d'où l'officier municipal, échevin ou crieur public proclamait les décisions municipales (mariages, actes publics, condamnations), les loggias sans encorbellement des palais italiens étant une transposition de ce type de balcon ; hune fortifiée d'un bateau de guerre.

D'après Wikipédia