Surnommée « la perle des Alpes françaises » du fait de son emplacement entre lac et les différents massifs des Préalpes du Nord, la ville commande l'entrée septentrionale de la cluse occupée par le lac d'Annecy, formé entre les massifs des Bornes et des Bauges. On l'appelle aussi parfois de « Venise des Alpes » en raison des cours d'eau et canaux qui la traversent.Au cœur du sillon alpin, entre Grenoble et Genève, sa population est de 51.000 habitants intra-muros (2012). Cependant, son aire urbaine compte 222.000 habitants. C'est une très jolie petite ville !

Depuis l'annexion de la Savoie en 1860, la ville est rattachée à la France. Depuis le XIXe siècle, sa localisation en bord du lac ou à proximité de stations de sports d'hiver en fait une station touristique de grande renommée.

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Le Palais de l'Isle et le Thiou

Les traces d'un village lacustre datant du IIIe millénaire avant JC ont été trouvées du côté d'Annecy-le-Vieux et il semble également que la station du Port, située à l'est de l'île des Cygnes, ait accueilli un village sur pilotis d'après des découvertes réalisées en 1884.

Plus tardivement, au début du IVe siècle avant JC, des tribus gauloises, les Allobroges, s'installent dans l'avant-pays plat, entre le Rhône et les Alpes. Les historiens pensent qu'un village allobroge se développe dans la plaine des Fins au cours du Ier siècle avant JC. Les Romains interviennent dans les environs à partir du IIe siècle avant JC et vainquent les Allobroges. Ils construisent des routes et des lieux d'étape afin de commercer, notamment la route secondaire reliant Turin à Genève. Un village gallo-romain se développe durant la seconde moitié du Ier siècle avant JC, à l'emplacement de l'ancien village allobroge. La bourgade dispose peu à peu d'une place publique, d'une basilique, de temples, de thermes et d'un théâtre. C'est un véritable petit centre économique où l'on trouve les traces de produits en provenance de tout l'empire.

La ville connaît les ravages des incursions barbares et est incendiée à plusieurs reprises au IIIe siècle. Vers 443, les Romains cèdent l'endroit à un peuple germain, les Burgondes. L'insécurité grandissante contraint les habitants à abandonner la plaine pour les collines voisines vers les VIIe et VIIIe siècles. 

Il faut attendre le XIe siècle pour voir la ville renaître au pied d'une tour de défense édifiée sur le dernier contrefort du Semnoz. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf et fait une première mention d'une église Saint-Maurice sous le château. Ce dernier et sa bourgade se développent sous le comte Amédée Ier de Genève. En 1132, une maison forte est édifiée sur l'île au milieu du Thiou. En lutte permanente avec les évêques, les comtes de Genève finissent, à la fin du XIIe siècle, par s'installer à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins puis le château qu'ils agrandissent au XIIIe siècle. La ville devient donc capitale du comté.

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Le XIVe siècle est marqué par le long règne du comte Amédée III de Genève de 1320 à 1367. La comtesse Mahaut de Boulogne, épouse du comte, donne naissance au dernier des comtes de Genève, Robert, au château d'Annecy. Celui-ci provoque le Grand Schisme d'Occident en devenant le pape Clément VII, en résidence à Avignon. En 1394, Robert de Genève fait ériger l'église Notre-Dame-de-Liesse, nécropole des comtes de Genève, en une collégiale qui, devenant le centre d'un pèlerinage très populaire, confère à Annecy un certain prestige.

Après le décès de Clément VII en 1394, le comté de Genève est acquis en 1401 par le comte de Savoie Amédée VIII. Le comté est alors démembré en un comté de Genève proprement dit (avec Genève et ses environs qui conservent une grande autonomie) et un comté de Genevois avec Annecy pour capitale.  À partir de 1536, lors du triomphe de la réforme calviniste à Genève, les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre s'installent à Annecy ainsi que des ordres religieux catholiques comme les clarisses. L'évêque y séjourne habituellement à partir de 1568. À cette époque, de beaux monuments sont construits comme le logis de Nemours au château, la cathédrale Saint-Pierre, la maison Lambert et le clocher de la collégiale Notre-Dame-de-Liesse…

À partir de 1560, la Savoie du Nord et Annecy, placés en un point stratégique sur la ligne de partage des confessions, deviennent une citadelle avancée de la Contre-Réforme. François de Sales, enfant du pays, évêque de Genève en résidence à Annecy de 1602 à 1622, jette les bases d'une solide réforme du clergé et d'une transformation des mœurs et des mentalités dans son diocèse. Il marque de façon durable la ville et toute la région grâce à son prestige intellectuel et spirituel. Bien plus, son rayonnement s'étend à toute l'Europe catholique avec l'immense succès de l'un de ses deux plus célèbres ouvrages, L'introduction à la vie dévote. Ainsi Annecy devient la « Rome des Alpes ».

Dès 1606, 28 ans avant la fondation de l'Académie française, François de Sales (canonisé en 1666) et le président du Sénat de Savoie, Antoine Favre, créent, à la mode italienne, l'Académie florimontane (« fleurs et montagnes »). En 1610, François de Sales et Jeanne de Chantal fondent l'ordre de la Visitation. La présence religieuse est très importante à Annecy qui compte treize maisons religieuses pour 5.000 habitants. La moitié de la ville appartient à différents ordres qui possèdent non seulement les églises et les couvents, mais aussi des ateliers, des moulins et de vastes terres et forêts Ces ordres religieux, qui ont la charge de l'éducation et des hôpitaux pour les malades et les pauvres, font travailler les artisans et les commerçants locaux.

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Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Montesquiou envahissent par surprise le duché de Savoie, obligeant l'armée ainsi que de nombreux fonctionnaires et membres du clergé à se réfugier à Turin, capitale des Etats de Savoie depuis 1562. Le département du Mont-Blanc est créé où Annecy n'est que chef-lieu de district. Même si la population est exaspérée, durant cette période, les importants marchés de France sont accessibles, les capitaux genevois disponibles et de nombreuses fabriques s'installent au bord du Thiou pour profiter de la force hydraulique et du savoir-faire industriel des Annéciens, surtout dans le textile et la métallurgie. En  1811, la manufacture de coton emploie un millier d'ouvriers…

En 1815, une grande fête célèbre la réintégration d'Annecy au sein du royaume de Piémont-Sardaigne (les ducs de Savoie étant devenus rois de Sardaigne vers 1720). La période sarde de 1815 à 1860 est marquée par de grands travaux d'urbanisme (assainissement, percement et pavage de rues, de places, construction de ponts, de quais et d'immeubles, notamment l'hôtel de ville en 1848, aménagement de la rive du lac : création du Jardin public, de l'île des Cygnes, du pont des Amours, de l'avenue d'Albigny et du champ de mars…), par une modernisation certaine (eau potable, éclairage au gaz…) et par un important essor économique : Annecy devient un des plus grands centres manufacturiers du royaume. En 1860, la Savoie est rattachée définitivement à la France.

En 1866, le train à vapeur arrive pour la première fois à Annecy. Ce progrès dans les transports permet, entre autres, au tourisme de se développer et de prendre un nouvel essor. Grâce à la centrale hydroélectrique des Forces du Fier, Annecy est éclairée à l'électricité dès 1906. 

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En 1953, commence la restauration du château et des quartiers historiques. Moins de dix ans plus tard est installé le collecteur du tour du lac qui retrouve sa pureté. Un peu plus de dix ans après, est créée la zone piétonne. Le 7 octobre 1986, le pape Jean-Paul II vient faire un pèlerinage sur les tombeaux de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal situés dans la basilique de la Visitation. 

Visitée plusieurs fois.

D'après Wikipédia