La National Gallery, fondée en 1824 et achevée en 1838, est un musée occupant le nord de Trafalgar Square. Elle détient un patrimoine artistique datant de 1250 à 1900, les œuvres plus récentes étant abritées à la Tate Modern.

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La fin du XVIIIe siècle a vu la nationalisation de nombreuses collections royales ou princières à travers l'Europe. La collection royale bavaroise (Alte Pinakothek, Munich) ouvre au public en 1779, celle des Médicis à Florence vers 1789 (Galerie des Offices) et le Louvre en 1793, à partir de la collection royale française. En Grande-Bretagne, ce modèle n'est pas imité et la collection royale britannique est toujours la propriété de la monarchie.

En 1777, le gouvernement britannique a l'opportunité d'acheter une collection d'art de classe mondiale. Le parlementaire John Wilkes se bat avec ses pairs pour les convaincre d'acheter cet « inestimable trésor » qu'il suggère de placer dans un musée. L'appel de Wilkes n'est pas entendu et vingt ans plus tard, la collection est intégralement rachetée par Catherine la Grande et est désormais visible au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Un plan pour acquérir cent-cinquante peintures de la collection de Philippe II d'Orléans, mises en vente à Londres en 1798, échoue aussi, malgré l'intérêt conjoint du roi et du Premier ministre William Pitt.

Plusieurs autres offres sont repoussées.

À la suite de la vente de la collection de Walpole, de nombreux artistes, tels que James Barry et John Flaxman émettent une nouvelle fois l'idée de la création d'une National Gallery. Pour eux, l'École anglaise ne pourra se développer qu'en ayant accès aux canons européens. La British Institution, fondée en 1805 par un groupe d'amateurs aristocratiques, essaie de changer cette situation. Les membres prêtent des œuvres aux expositions qui changent annuellement, tandis qu'une école d'art est organisée tous les étés. Cependant, l'intérêt des peintures prêtées est souvent médiocre et certains artistes quittent l'Institution, considérant que celle-ci avait pour seule motivation de faire gonfler les prix des peintures de maîtres.

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En 1823, une autre collection majeure est mise sur le marché. Celle-ci a été fondée par John Julius Angerstein, un banquier londonien d'origine russe. Le 1er juillet 1823, George Agar Ellis, un politicien propose à la Chambre des Communes de s'offrir la collection. Cet appel s'ajoute à l'impulsion donnée par l'offre de Beaumont, membre de la British Institution, qui proposait lui-même une collection. Un remboursement inattendu d'une dette de guerre de la part de l'Autriche fait pencher le gouvernement, qui achète le tout...

La National Gallery ouvre au public le 10 mai 1824, hébergée dans une des anciennes demeures d'Agerstein, située au 100 Pall Mall. Les peintures d'Agerstein sont rejointes par celle de Beaumont en 1826 et en 1828, le révérend William Holwell lègue trente-quatre peintures. Initialement, le conservateur royal, William Seguier, est en charge la gestion de la Gallery mais en juillet 1824, une partie de ses responsabilités est transmise au conseil d'administration nouvellement formé.

La National Gallery de Pall Mall est remplie de visiteurs et sa taille, réduite par rapport à celle du Louvre, est source d'embarras. C'est désormais un lieu de passage incontournable à Londres. Un affaissement au n° 100 entraîne un déménagement de la Gallery au n° 105 de la même rue, qui fut décrite par le romancier Anthony Trollope comme « étroite, miteuse, morne et inadaptée à l'exposition de trésors qui s'y tenait ». Et elle ne peut plus accueillir de nouvelles collections... On se met donc en quête d'un nouveau bâtiment.

Il est construit en style néoclassique sur Trafalgar Square par l'architecte William Wilkins. La construction s'étend de 1832 à 1838. Les Londoniens l'ont beaucoup critiqué mais depuis, s'y sont habitués !

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Des modifications et agrandissements ont été faits au fil du temps. En 1991, on a ajouté la Sainsbury Wing pour accueillir les peintures Renaissance.

Vue plusieurs fois mais pas visitée...

D'après Wikipédia