Le palais de Buckingham est la résidence officielle des souverains britanniques. Le bâtiment actuel, construit pour John Sheffield, 1er duc de Buckingham et Normanby, en 1703, a été remanié au cours des siècles par John Nash pour George IV.

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Le palais est d'abord... un petit manoir du XIVe, dit manoir d’Ebury (aussi appelé Eia ou EI, du nom du village proche, Eye Cross). La propriété du site change de mains un certain nombre de fois ; après la conquête par les Normands elle revient à Geoffrey de Mandeville, par l’intermédiaire de Guillaume le Conquérant. De Mandeville la légue aux moines de l’abbaye de Westminster.

En 1531, le roi Henri VIII reçoit le manoir de la part de l’abbaye en 1536 et le loue. Le roi Jacques Ier vend une partie de la propriété car il a besoin d’argent, et garde l'autre pour y créer un jardin de mûriers d’un hectare, destiné à produire de la soie (ce jardin se trouve actuellement au coin nord-ouest du palais). A la fin du XVIIe siècle, la propriété hors jardin de mûrier, revient à Sir Hugh Audley.

Il est probable que la première vraie maison érigée sur le site est celle d’un certain Sir William Blake, en 1624 environ. Le propriétaire suivant, Lord Goring, agrandit la maison de Blake à partir de 1633, ainsi qu’une grande partie des jardins d’aujourd’hui, connus à l’époque sous le nom de grands jardins de Goring. Suite à une omission juridique, au profit de la monarchie, l'ensemble de la propriété lui revient finalement sous le règne de George III. Henry Bennet, Comte d’Arlington, succède à  Goring, qui ne paie pas ses loyers, puis la demeure brûle en 1674. Arlington House est érigée sur le site (l’aile sud du palais actuel) l’année suivante, mais la propriété est à nouveau vendue, au Duc de Buckingham en 1702, qui lui donne en partie son aspect actuel.

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Buckingham House est de nouveau vendue en 1762 par le descendant de Buckingham au roi George III. À l’origine, la maison doit servir de lieu de retrait privé pour la famille royale, et particulièrement pour la reine Charlotte. Le palais St. James demeure la résidence royale ainsi que le lieu des cérémonies officielles.

Le roi dépensier George IV décide d’élargir Buckingham House. Il engage John Nash pour réaliser les travaux. Les deux ailes sont largement étoffées. L’édifice est construit en pierre de Bath, avec des détails raffinés de style néoclassique. C’est approximativement le palais d’aujourd’hui, sans la façade Est (face au Mall) qui forme aujourd’hui un quadrilatère. Les intérieurs du palais doivent être d’une splendeur inégalée. George IV est conseillé sur ce plan par sir Charles Long, qui recommande l’usage intensif de stuc de couleurs vives et de lapis bleus et roses, avec des caissons en plâtre sculpté aux plafonds.

À la mort de George IV, les coûts faramineux du palais encore en travaux suscitent la polémique au Parlement et dans la presse. Guillaume IV renvoit l’architecte Nash et emploie Edward Blore, qui correspond mieux aux goûts plus sobres du nouveau roi. Blore garde les contributions de Nash et termine le palais dans la même lignée.  

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Bien que Guillaume IV et la reine Adélaïde donnent des réceptions et reçoivent la cour à Buckingham, ils ne vivront jamais dans le palais, préférant rester à Clarence House, le manoir plus modeste qu’ils ont fait construire avant leur succession. Lorsque le palais de Westminster brûle en 1834, le roi offre le palais encore inachevé à la nation pour remplacer le siège du gouvernement. L’offre est déclinée et l’ancien palais de Westminster reconstruit sur son site.

La plupart des petits salons de réception, qui sont restés en l’état, ont été meublés pendant le règne de Guillaume IV dans le style Régence chinoise.

À l’arrière du palais se trouve le grand jardin, le plus grand jardin particulier de Londres. Jouxtant le palais, les écuries royales (Royal Mews), construites également sur les plans de Nash, abritent les attelages royaux, notamment le carrosse royal. Ce carrosse doré de style rococo, créé par sir William Chambers en 1760, comporte des panneaux peints par G. B. Cipriani. Ayant servi pour la première fois lors de l’inauguration officielle du Parlement par George III en 1762, il est utilisé par le souverain uniquement lors de sacres ou lors de jubilés. Les chevaux sollicités pour les processions royales à Londres logent également dans ces écuries.

Buckingham devient finalement la résidence royale principale en 1837 lors de l’accession au trône de Victoria. Alors que les suites officielles ne sont que dorures et couleurs vives, les besoins du palais s'avèrent plus terre à terre. Il est rapporté que les cheminées fument tellement qu’on laisse les feux mourir, si bien que la cour frissonne dans un palais magnifique. La ventilation fait également défaut et les odeurs sont omniprésentes. Lorsque la décision est prise d’installer des lampes à gaz, on s’inquiète sérieusement de l’accumulation de gaz aux étages inférieurs. On raconte également que le personnel est peu soigné et paresseux, et que le palais est sale. Après le mariage de la reine en 1840, son mari le prince Albert s’occupe de la réorganisation totale du personnel, du service et des fautes de goût dans la décoration.

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En 1847, le couple royal trouve le palais trop petit pour la vie de cour et leur famille grandissante, c’est pourquoi la nouvelle aile conçue par Edward Blore est construite, fermant la cour centrale. Cette grande aile à l’est, en face du Mall, est aujourd’hui l’image publique de Buckingham avec le fameux balcon en son centre, d’où la famille royale fait signe à la foule lors des grandes occasions ainsi que chaque année lors de la parade militaire qui se tient en juin. L’aile où se trouve la salle de bal ainsi que d’autres suites officielles a aussi été construite à cette période, sur les plans de l’élève de Nash : Sir James Pennethorne.

Lorsqu’elle devient veuve en 1861, Victoria, accablée de chagrin, se retire de la vie publique et quitte le palais pour vivre aux châteaux de Windsor et de Balmoral, ainsi qu’à Osborne House. Pendant de nombreuses années le palais est rarement utilisé, voire négligé. L’opinion publique la forceront à revenir à Londres. 

Les cérémonies ont subi un changement radical sous le règne d’Élisabeth II, qui allégea les codes très stricts, et l’entrée au palais n’est plus un privilège réservé aux grands noms.

Les événements les plus importants de l’année sont sans conteste les garden parties, où jusqu’à 8000 personnes sont conviées, dégustant thé et sandwiches sous de grandes tentes. Les invités se rassemblent, puis la reine sort du palais pendant qu’un orchestre militaire joue l’hymne national. Elle marche lentement vers les invités, saluant ceux qui ont été sélectionnés pour prendre le thé sous sa tente privée. Si les invités n’ont pas tous l’opportunité de rencontrer la reine, ils peuvent tout du moins se consoler de pouvoir admirer les jardins.

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais a été bombardé sept fois et était une cible désignée : les nazis pensaient que la destruction du palais démoraliserait la nation. Toutefois, ces incidents ne filtraient quasiment pas. Le bombardement le plus grave et médiatisé fut la destruction de la chapelle du palais en 1940. Cet événement fut montré dans tous les cinémas d’Angleterre pour montrer la souffrance commune des riches et des pauvres. Le roi et la reine étaient montrés en train d’inspecter leur demeure bombardée.

En 1999, on déclara que se trouvaient au palais 19 pièces officielles, 52 chambres principales, 188 chambres de membres du personnel, 92 bureaux et 78 salles de bain.

En plus d’être la résidence de semaine de la reine et du duc d’Édimbourg, le palais est le lieu de travail de 450 personnes.

Le palais n’est pas une propriété privée de la famille royale : tout comme le château de Windsor, il appartiennent à la nation.

L’ouverture estivale des pièces officielles au public a été un énorme changement dans les traditions, au cours des années 1990. L’argent provenant des billets d’entrée a été mis au profit de la reconstruction du château de Windsor, à la suite de l’incendie qui a détruit plusieurs de ses pièces officielles. Chaque été, en août et en septembre, l’aile ouest du palais est ouverte au public.

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D'après Wikipédia