Varsovie est la capitale de la Pologne. Elle est située sur la Vistule, à environ 370 km de la mer Baltique et des Carpates. Peuplée par plus d'1,8 million d'habitants (3 millions pour l'agglomération), la capitale polonaise est connue comme la Ville-Phénix pour avoir réussi à renaître de ses cendres (84 % de ses bâtiments ont été détruits durant la Seconde Guerre mondiale).  

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La ville est citée à partir du XIVe siècle sous les noms de Warseuiensis (1321) et Varschewia (1342), puis Warschouia (1482), pour devenir plus tard Warszowa et enfin Warszawa, le nom polonais actuel de Varsovie. Ce nom signifie « appartenant à Warsz », une forme abrégée du prénom masculin Warcisław. Il s’agit vraisemblablement d’un aristocrate des XIIe et XIIIe siècles qui possédait un village situé sur l'actuel site du quartier de Mariensztat.

L'étymologie populaire attribue le nom de la ville à deux personnages légendaires nommés Wars et Sawa : Wars est un pécheur vivant au bord de la Vistule et Sawa une sirène dont il est tombé amoureux ; c’est cette sirène qui est représentée sur les armes de la ville.

Les premiers édifices fortifiés construits sur le site où se trouve aujourd'hui Varsovie furent ceux de Bródno (IXe et Xe siècle) et de Jazdów (XIIe et XIIIe siècle). Après l'attaque et la destruction de Jazdów, une nouvelle colonie semblable est créée sur le site d'un petit village de pêcheurs appelé Warszowa. Vers 1300, Boleslas II de Mazovie, prince de Płock, établit la ville actuelle de Varsovie. Au début du XIVe siècle, elle devient l'un des sièges des ducs de Mazovie, puis la capitale de la Mazovie en 1413. À cette époque, l'économie de la ville repose sur l'artisanat et le commerce.

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À la suite de l'extinction de la ligne ducale, le duché de Mazovie est intégré à la couronne polonaise en 1526. Trois ans plus tard, la Diète générale est réunie pour la première fois à Varsovie, qui devint son siège permanent à partir de 1569. La couronne polonaise de la République des Deux Nations y est transférée en 1596, quand le roi Sigismond III Vasa déplace la cour de Cracovie à Varsovie.

Entre 1655 et 1658, la ville fut assiégée trois fois et trois fois elle fut prise et pillée par les troupes suédoises, brandebourgeoises et transylvaniennes. En 1700, la Grande guerre du Nord éclate. La ville est assiégée à plusieurs reprises et dut payer de fortes contributions. Stanislas II, le dernier roi indépendant de la République des Deux nations, remodèle l'intérieur du château royal et fait de la ville un centre important dans le domaine artistique et culturel, ce qui vaut à Varsovie le surnom de « Paris oriental ».

En 1795, la République des Deux Nations est incorporée au Royaume de Prusse et Varsovie devient le chef-lieu de la province de Prusse-Méridionale. Libérée par l'armée de Napoléon en 1806, Varsovie devient la capitale du nouveau Duché de Varsovie l'année suivante.

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Palais de Wilanow

Après le Congrès de Vienne de 1815, Varsovie devient le centre du Royaume du Congrès, une monarchie constitutionnelle liée par une « union personnelle » à l'Empereur de Russie, qui prend également de titre de Roi de Pologne. Durant une dizaine d'années, Varsovie connaît un essor important (création de l'Université Royale et de nombreux instituts supérieurs, des bourses des marchandises et de la monnaie, de la Banque de Pologne, développement du commerce, de l'industrie et des transports…) mais l'arrivée au pouvoir de Nicolas Ier, monarque absolu ne tolérant aucune limitation à son pouvoir, marque la fin de cette période libérale, jusqu'à aboutir à l'Insurrection de novembre 1830. En janvier 1831, le Tsar envoit des troupes pour mater la rébellion. Les Russes entrent dans Varsovie le 8 septembre 1831. La Pologne est alors soumise à une intense russification qui aboutit à la disparition officielle du Royaume de Pologne en 1867 sous le règne de l'Empereur Alexandre II, malgré l'instauration d'un gouvernement national clandestin à Varsovie et plusieurs tentatives de soulèvement.

Varsovie a toutefois prospéré à la fin du XIXe siècle sous le maire Sokrates Starynkiewicz, un général d'origine russe nommé par le Tsar Alexandre III. Elle est dotée d'un réseau de distribution d'eau et d'égouts conçus ; la ville bénéficie aussi de l'expansion et de la modernisation des tramways, de l'éclairage public et des usines à gaz.

Le recensement de l'Empire russe de 1897 dénombre 626.000 personnes vivant à Varsovie, ce qui en fait alors la troisième plus grande ville de l'Empire, après Saint-Pétersbourg et Moscou.

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Palais des Bains Royaux

Le 3 mars 1918, la toute nouvelle République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie abandonne la Pologne à l'Allemagne par la signature du Traité de Brest-Litovsk qui met fin aux hostilités germano-russes. Six mois plus tard, le maréchal Józef Piłsudski et le général Kazimierz Sosnkowski sont libérés de la forteresse de Magdebourg où ils étaient emprisonnés ; ils arrivent à Varsovie le 10 novembre 1918. Le lendemain, le Conseil de Régence polonais transmet les pleins pouvoirs à Piłsudski, personnage qui apparait comme l'homme providentiel de la Pologne ressuscitée. Varsovie redevient capitale le jour même avec la proclamation de la Deuxième République de Pologne.

Au cours de la Guerre russo-polonaise de 1920 qui suit, la Pologne l'emporte.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Pologne passe sous le contrôle allemand. Tous les établissements d'enseignement supérieur sont fermés et la population juive de Varsovie – plusieurs centaines de milliers – parqués dans un ghetto. Le 22 juillet 1942 les nazis déportent vers Treblinka les Juifs susceptibles de travailler. Quand l'ordre vient d'anéantir définitivement le ghetto dans le cadre de la « Solution finale », le 19 avril 1943, les combattants juifs se défendent et résistent pendant un mois. Lors de la fin des combats, presque tous les survivants sont massacrés. La population juive, qui était la plus nombreuse de toute l'Europe avant 1939, est entièrement décimée.

Sachant que Staline est hostile à l'idée d'une Pologne indépendante, le gouvernement polonais en exil à Londres ordonne à l'armée encoer sur place de prendre le contrôle de Varsovie avant l'arrivée des Soviétiques. La riposte allemande est d'une sauvagerie effroyable. Les troupes soviétiques aux portes de la ville ne tentent rien pour soutenir les Polonais. Après la capitulation des dernières poches de résistance, Hitler ordonna de rase entièrement la ville et de transporter les collections des bibliothèques et des musées en Allemagne, ou de les brûler. Les monuments et les édifices publics sont dynamités tandis que toute la population civile est expulsée.

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Palais Royal

Staline laisse ses troupes attendre plusieurs mois l'écrasement complet du soulèvement et la destruction de la ville avant d'y pénétrer... Les troupes de l'Armée rouge finissent par « libérer » Varsovie le 17 janvier 1945 : ils prennent possession d'une ville détruite et totalement désertée.

Dès le 5 novembre 1944, la Société des Architectes de la République de Pologne s'est réunie pour envisager la reconstruction de la ville. Le nouveau régime communiste mis en place par les Soviétiques décide de lancer de grands projets de construction de logements préfabriqués pour remédier à la pénurie de logements, ainsi que d'autres bâtiments typiques d'une ville du Bloc de l'Est, tels que le Palais de la culture et de la science.

Les travaux de reconstruction de la Vieille ville débutent et la première phase des travaux est achevée dès 1953. La décision de reconstruire le château royal n'est prise qu'en 1971 et les derniers travaux durent jusqu'en 1988. Si la vieille ville est entièrement reconstruite à l'identique, certains des bâtiments du XIXe siècle conservés au lendemain de la guerre dans un état qui aurait pu laisser envisager une reconstruction ont néanmoins été détruits dans les années 1950 et 1960.

L'immense travail de restauration de la vieille ville de Varsovie lui valut d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1980.

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La Voie Royale

Le mélange de styles architecturaux qui font la spécificité de la ville reflète son histoire mouvementée ; la reconstruction allie deux ambitions : reconstituer le patrimoine historique et bâtir une ville nouvelle, typique de l'architecture stalinienne qui prévalait alors dans tout le bloc de l'Est. Non loin de la vieille ville, le quartier d'affaires, qui a commencé à se développer dans les années 1990 (après la chute du communisme) est parmi les plus modernes d'Europe et tout le centre-ville est en train d'être complètement remodelé : 16 des 20 plus hauts édifices de Pologne se situent à Varsovie, façonnant l'un des plus remarquables paysages urbains de l'architecture moderne et contemporaine.

A voir un jour !

D'après Wikipédia