Une collégiale est une église qui a été confiée à un collège de clercs ou chapitre collégial, c'est-à-dire à un groupe de chanoines (membres du clergé, attachés à une église) formé ailleurs qu'au siège épiscopal.

Comme une cathédrale, une collégiale est une église capitulaire : c'est-à-dire qu'elle possède un chapitre de chanoines (institution qui remonte au IXe siècle). À ce collège de prêtres, il incombe de chanter quotidiennement l'office divin et d'accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l'église.

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Collégiale Notre-Dame d'Espérance, Montbrison, Loire

En principe, une église collégiale n'est donc pas une église paroissiale. Le code de droit canonique de 1983 interdit l'union des paroisses à un chapitre de chanoines et oblige l'évêque diocésain à y veiller.

Un chapitre canonial (composé uniquement d'hommes dans la majorité des cas, mais parfois aussi uniquement de chanoinesses) est la plupart du temps créé, et financièrement fondé, par un seigneur ou une famille seigneuriale, en réparation de graves fautes commises et s'assurant que des clercs prient quotidennement pour le salut de leurs âmes. La collégiale ainsi fondée devient également leur lieu de sépulture - souvent une crypte sous le sanctuaire - et mausolée familial.

Ainsi, René Visy écrit dans Le maître de Saint-Chamant (du nom de la collégiale édifiée en Auvergne, à l'époque de Charles VIII) :

"On a dit qu'il (i.e Robert de Balsac) avait édifié cette collégiale en repentir de toutes ses fautes passées, de toutes ses exactions et peut-être de l'assassinat de Jean V d'Armagnac. Tous ces "moines" qui allaient prier pendant des siècles autour de sa tombe étaient ainsi la garantie devant Dieu d'une Action de grâce pour l'éternité".

En fonction de la richesse du donateur et du nombre envisagé de chanoines, le fondateur dote la collégiale de ressources matérielles suffisantes.

D'après Wikipédia