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Richard Rogers (né le 23 juillet 1933 à Florence, en Italie), baron Rogers of Riverside, est un architecte italien naturalisé britannique, lauréat en 2007 du prix Pritzker.

Ses parents sont d'origine britannique, installés en Italie. En 1938, avec les menaces de guerre en Europe, toute la famille retourne en Angleterre et Richard Rogers entre à l'école secondaire publique mais sans grand résultats car il est atteint d'une dyslexie non diagnostiquée. Il suit l'enseignement de l’Architectural Association School à Londres, avant d'achever ses études à l'Université Yale en 1962. À Yale, il rencontre Norman Foster, et de retour en Angleterre, ils fondent l'agence d'architecture Team 4 avec leurs épouses respectives Su Rogers et Wendy Cheesman. Ils gagnent alors rapidement une réputation de conception architecturale industrielle « de haute technologie ».

En 1971, Richard Rogers et Renzo Piano gagnent le concours pour le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou de Paris. Cette construction a établi le style caractéristique de Rogers dans lequel la plupart des réseaux techniques du bâtiment (l'eau, conduits de chauffage, escaliers, ascenseurs) sont rejetés sur la périphérie pour laisser des espaces internes non encombrés.

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Lloyds Building, Londres

Le Royal Institute of British Architects lui décerne sa médaille d'or en 1985. La reine Élisabeth II l'annoblit en 1991 et, en 1996, il est créé baron Rogers of Riverside et siège à la chambre des Lords. En 2000, l'association artistique japonaise lui décerne le Praemium Imperiale. En 2006, la dixième Mostra Internazionale di Architettura de la Biennale de Venise lui consacre son Lion d'or pour l'ensemble de son œuvre, la même année, il reçoit également le prix Stirling pour la réalisation de l'aéroport de Madrid-Barajas. En 2007, il reçoit la plus haute distinction pour un architecte, le prix Pritzker.

Actuellement Richard Rogers dirige et supervise les projets de son agence mais il n'est plus directement impliqué.

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Aéroport Madrid Barajas

Influences

Les professeurs dont Rogers a suivi les cours à l'Université Yale constituent une influence directe sur son travail et sur l'élaboration de son style personnel. Paul Rudolph, architecte phare du modernisme américain, pousse Rogers (aux côtés de Norman Foster) à repenser un modernisme alors fortement critiqué pour se diriger vers le mouvement high-tech. Serge Chermayeff, lui empreint de l'architecture est-européenne et de constructivisme russe transmet à Rogers l'aspect fonctionnaliste de ses constructions.

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Dôme Millénaire, Londres

Grandes lignes

  • la lisibilité : une lisibilité totale de la construction qui est pensée comme une machine performante mise à nue. Les formes des bâtiments sont étudiées de façon à exprimer clairement les activités qui s'y déroulent. Le Lloyd’s Building à Londres en est une bonne illustration : marché d'assurances composé de « syndicates » indépendants, le bâtiment central relié à ses satellites exprime parfaitement son dynamisme, sa flexibilité et son unité « dans la diversité ».
  • la transparence : actrice de la lisibilité par sa transparence, elle est indispensable à Richard Rogers. L'immeuble de la Channel 4 dont les espaces sont entièrement transparents contribuent à l'inclusion du bâtiment au sein du milieu urbain (jeu de reflets par exemple) et symbolisent aussi la communication avec la population entretenue par une chaîne du service public.
  • le rapport à la personne, l'espace public : Richard Rogers s'est toujours attaché à relier ses constructions non seulement à leurs milieux urbains, mais aussi aux activités sociales périphériques et à la vie au sein des espaces publics. Prenons le Centre Pompidou et sa "piazza" qui encourage rencontres et "diversité sociale", spectacles, animations...
  • l'environnement : l'architecte a mis au centre de ses préoccupations la question écologique. La protection de l'environnement passe par des systèmes de récupération des eaux, de production d'énergies renouvelables (solaire par exemple), par l'installation d'une ventilation naturelle et de chaudières biomasse. Le Palais de Justice de Bordeaux incarne parfaitement bien ses principes : utilisation du bois et de la lumière naturelle, ventilation naturelle... Soulignons aussi que l'utilisation du bois ne constitue pas seulement symbole "naïf" de la nature, mais aussi un attachement à la région : en effet pour ce projet les équipes ont étroitement collaboré avec les savoir-faire locaux ; les "cônes" abritant les sales d'audience étant le fait d'artisans tonneliers.
  • l'urbanisme : dans la théorie comme dans la pratique, Richard Rogers est profondément "urbaniste". Le projet London as it could be lui a donné toute la possibilité de mettre en œuvre tout son intérêt pour l'organisation du milieu urbain.
  • la légèreté : c'est avant tout la pluridisciplinarité de l'équipe de Rogers qui a permis à l'architecte de s'étendre au domaine de la "légèreté" (dômes géodésiques par exemple). Structures suspendues et couvertures flottantes ont été utilisées dans la construction de l'usine de Fleetguard (1979-1981). Plus récemment, le dôme Millenium (1996-1999) a nécessité autant de prouesses techniques que de connaissances architecturales : des mâts en acier soutiennent une enveloppe de 100 000 m2.

D'après Wikipédia