L'architecture high-tech ou techno-architecture est un mouvement architectural qui émergea dans les années 1970, incorporant des éléments industriels hautement technologiques dans la conception de toute sorte de bâtiments, logements, bureaux, musées, usines. Ce style high-tech est apparu comme un prolongement du Mouvement moderne, au-delà du brutalisme, en utilisant tout ce qui était rendu possible par les avancées technologiques, et avec une possible nuance d'ironie. Ce style apparaît durant la période où le Modernisme est déjà remis en cause, surtout en Angleterre et aux États-Unis, par le postmodernisme. Dans les années 1980, l'architecture high-tech semble peiner à s'identifier, à se distinguer, face aux formes de ce dernier mouvement d'architecture qui privilégie le pastiche et l'historicisme, avant de s'affirmer comme un mouvement plus profond et pérenne lors du déclin de ce mouvement postmoderniste au style formel. Ses figures importantes sont notamment Renzo Piano et Richard Rogers, d'autres architectes anglais comme Norman Foster, Michael Hopkins et l'ingénieur Peter Rice.

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Centre Pompidou, Paris

La plupart des architectures représentatives de ce style ont été construites en Europe et aux États-Unis.

Origines

Les avancées scientifiques et technologiques ont marqué la société des années 1970. Le summum de la conquête spatiale est atteint en 1969 avec l'alunissage de Neil Armstrong et s'est accompagné avec du développement important en matière militaire des nouvelles technologies (ordinateurs, automates, nouveaux matériaux). Ces avancées ont permis de penser qu'un standard de vie très haut pouvait être atteint grâce à la technologie de pointe et arriver au domaine de la vie courante de tout un chacun et ne pas rester futuriste. Les éléments technologiques devinrent des objets de tous les jours pour les gens ordinaires de cette époque avec l'introduction dans la vie courante de la télévision, de chaînes hi-fi audio, très distinguables d'éléments standardisés de l'époque passée qui était déjà « électrique », mais pas encore « électronique ».

L'influence des réflexions « technophiles » des Reyner Banham, Cedric Price, du groupe Archigram au Royaume-Uni ou des métabolistes japonais a eu un impact décisif sur l'esthétique high-tech. L'architecture high-tech est une protestation contre l'enlisement historiciste des structures modernes qui n'utilisent que la modélisation faite avant-guerre. Elle apparaît surtout comme un mouvement esthétique non structurel dans la mesure où elle reste proche dans son résultat des formes cubiques des ouvrages des prédécesseurs.

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Lloyd's Building, Londres, UK - Siège social HSBC, Hong Kong

L’origine du nom

Ce style doit son nom au livre écrit par les critiques du design Joan Kron et Suzanne Slesin, High Tech : The Industrial Style and Source Book for The Home, publié en 1978. Ce livre, illustré par des centaines de photographies, montrait comment des designers, des architectes et de simples particuliers s'étaient approprié des objets industriels — des étagère, des béchers, des tréteaux métalliques, des éléments de cuisine industrielle, des dispositifs lumineux pour usine ou aéroport, etc. — trouvés dans des catalogues destinés à l'industrie et détournés pour un usage domestique. Ce style décoratif, grâce au succès public du livre, fut appelé « high-tech ». Après que Esquire publia par six fois des extraits du livre de Kron et Slesin, les plus gros distributeurs, à commencer par Macy's New York, commencèrent à décorer leur vitrine et leurs rayons de meubles en style high-tech.
 
Les ambitions du high-tech

L'architecture high-tech applique cet esprit aux constructions. C'est aussi une réponse à la désillusion croissante envers l'architecture moderne. La réalisation des plans d'urbanisme de Le Corbusier avait conduit les villes à se couvrir de bâtiments monotones et standardisés. L'architecture high-tech crée une nouvelle esthétique en contraste avec l'architecture moderne usuelle. Kron et Slesin expliquent déjà dans leur livre que le terme « high-tech » est utilisé par les architectes pour décrire le nombre croissant de bâtiments publics ou de logements qui avaient un air technologique grâce à la disposition ostensible de tuyaux, de boulons et d'écrous. Le Centre Pompidou de Rogers et Piano en est un exemple. Ceci met en lumière l'un des objectifs de l'architecture high-tech, la glorification des « tripes » d'un bâtiment en les exposant. L'esthétique high-tech naît de cette mise en scène d'éléments techniques et structurels.

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Centre de recherche Schlumberger, Cambridge, UK

On aménage d'anciens entrepôts industriels en zone urbaine, ainsi transformés en "lofts". Au départ c'est le pragmatisme économique aux États-Unis, qui veut réhabiliter les centres-villes, zones délaissées, mal fréquentées et peu chères. En Europe, le centre au contraire est une zone privilégiée, donc chère, et la motivation est plutôt le sens patrimonial : effectuer une restauration curative, faire revivre, en le respectant, le passé.

Un des objectifs du high-tech est de réactiver les espérances d'améliorer le monde avec une technologie. Un autre est de donner à tout objet ou espace une apparence qui concorde avec l'époque industrielle intégrée par tous via le vécu dans d'autres espaces que l'habitat ordinaire : espace de travail au bureau ou de production avec les chaînes automatiques, espace fourni par l'automobile que l'on commence à habiter avec les caravanes de loisir. Un modèle idéal d'espace était donné par la cabine de l'avion.

Les éléments significatifs

Les murs de verre et les structures en acier sont très prisés chez les architectes du high-tech. Les éléments techniques sont placés à l'extérieur, allant souvent de pair avec la structure porteuse bien apparente. La façade high-tech n'est pas une paroi lisse opaque, mais elle est animée par les éléments constructifs.

D'après Wikipédia