Architecture, patrimoine et urbanisme

24 septembre 2016

ABBAYE DE BOSCODON (Hautes-Alpes)

L'abbaye Notre-Dame de Boscodon est une abbaye du XIIe siècle, devenue bénédictine au XVe siècle, et abritant la communauté Saint-Dominique. Située dans les Hautes-Alpes, elle est monument historique.

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Fondée en 1142, l'abbaye est bâtie par des moines cénobites de l'Ordre monastique de Chalais grâce aux dons de Guillaume de Montmirail. Ces moines ont succédé à d'autres, sans doute ermites. La donation initiale, datée de 1132, s'est déroulée en présence de Guillaume de Bénévent, futur archevêque d'Embrun. En 1303, elle devient l'ordre de Chalais et passe sous la dépendance de la Chartreuse. L'abbaye devient bénédictine au début du XVe siècle.

Les moines vivent de l'exploitation de la forêt et du domaine, et de l'élevage de moutons.

Pendant la Révolution française, l'abbaye et ses domaines deviennent propriété nationale. Joseph Berthe acquiert les bâtiments. Un hameau se construit autour de l'abbatiale, qui devient écurie, étable, logement.

Au XXe siècle, les habitants quittent progressivement le hameau. L'initiative et l'inspiration, pour la renaissance de l'abbaye (1972), ont viennent de l'ordre des Dominicains, rapidement rejoint par diverses congrégations religieuses et par des laïcs. L'abbaye désormais est la propriété d'une association reconnue d'utilité publique qui en assure la restauration et en promeut les animations. Des sœurs et des frères dominicains se sont installés dans l'abbatiale et ont entamé les travaux de restauration avec de nombreux bénévoles. La communauté (qui compte des femmes et des hommes de plusieurs congrégations) propose des célébrations, des concerts, des conférences, moments de dialogue privilégié avec les touristes de passage. 

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L'achat de petits terrains proches de l'abbaye lui donne plus d'espace et ouvre des possibilités futures.

L'abbaye de Notre-Dame de Boscodon est d'architecture romane. On y retrouve l'art cistercien primitif au travers de la simplicité extrême des éléments architecturaux, l'harmonie des volumes, la qualité de la maçonnerieLe tracé de l'abbatiale s'appuie sur des figures géométriques simples. Tracée à la règle et au compas, on y trouve les symboles de la croix, du carré, du cercle et du pentagone. 

Les moines bâtisseurs accordent une importance forte à la symbolique des éléments. L'abbaye a été implantée et orientée en fonction des rythmes du soleil, des cours d'eau alentour, de la présence d'une carrière de pierre (ni trop proche, pour respecter le silence sur le lieu de construction de l'abbaye, ni trop loin pour ne pas augmenter les contraintes d'approvisionnement), de la forêt, des hommes… L'importance des symboles se retrouve aussi dans la conception des bâtiments : répétition des éléments selon les chiffres clés (7 voûtes, comme les 7 jours de la semaine), rapports de proportions en harmonie avec le nombre d'or, etc.

D'après Wikipédia

 

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23 septembre 2016

LE RATIONALISME

Les principes intellectuels du Rationalisme tirent leur origine de la théorie architecturale. Vitruve avait déjà établi dans son ouvrage De architectura que l'architecture est une science qui peut être appréhendée rationnellement. Cette formulation fut reprise et développée dans les traités architecturaux de la Renaissance. La théorie artistique progressiste du XVIIIe siècle opposa la beauté baroque de l'illusion (trompe-l'œil, anamorphose, etc.) à la beauté classique de la Vérité et de la Raison.

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Projet de cénotaphe, par Etienne-Louis Boullée, 1784

Le rationalisme du XXe siècle dériva moins d'une œuvre théorique spécifique et unifiée que d'une pensée partagée considérant que les problèmes les plus variés posés par le monde réel pouvaient être résolus par la Raison. Cette pensée représenta une sorte de réaction à l'historicisme et un contraste par rapport à l'Art nouveau et à l'Expressionnisme.

L'architecture rationaliste trouve son nom avec le mouvement architectural qui s'épanouit pendant les Lumières (plus particulièrement le Néoclassicisme) avançant que les bases intellectuelles de l'architecture sont avant tout la science, en opposition avec le respect et l'imitation des traditions et croyances archaïques.

Le néoclassicisme, émerge à la moitié du XVIIIe, prospérant sur le déclin du Baroque et la mise en avant des classiques de l'architecture antique. Les notions architecturales de l'époque gravitent de plus en plus autour de la croyance que la raison et les formes naturelles sont intimement liées, et que la rationalité de la science devrait servir de base pour concevoir et agencer les éléments structurels. À la fin du XVIIIe siècle, Jean Nicolas Louis Durand alors enseignant à la réputée École Polytechnique de Paris, pense que l'architecture repose entièrement sur la science.

Des architectes comme Henri Labrouste ou Auguste Perret incorporent dans leurs bâtiments les vertus du rationalisme de la structure développé tout au long du XIXe siècle.

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Palais de la Civilisation, Rome

Au début du XXe siècle des architectes comme Hendrik Petrus Berlage émettent l'idée d'une structure créant elle-même l'espace, sans nécessiter une ornementation superfétatoire. Leurs travaux mèneront au modernisme qui explorera ce concept.

Plus spécifiquement, le groupe moderniste soviétique ASNOVA fut aussi appelé « les rationalistes ».

Le « Rationalisme italien » des années 1930 fournit en Italie l'architecture officielle de modernisation, de regroupement social dans sa première version. L'Esposizione Universale di Roma (EUR) à Rome est un excellent exemple d'architecture rationaliste d'apparat.

D'après Wikipédia

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22 septembre 2016

DOMME (Dordogne)

Domme est une commune du Périgord, encore entourée de sa muraille.

Cette bastide (ville créée ex nihilo) est fondée en 1281 par Philippe le Hardi sur un plateau à l'ouest duquel existe déjà un château, alors dans les mains de la famille de Gourdon. Domme possède deux places où se pratique le commerce : la place de la Halle et la place de la Rode. La cité organise des foires et obtient le privilège de battre sa propre monnaie.

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On a considéré longtemps qu'en 1307 la cité devint, lors de l'arrestation des Templiers, un lieu où soixante-dix d'entre eux furent emprisonnés. Ils laissèrent comme témoignage de leur passage la centaine de graffitis que l'on retrouve à la porte des Tours. On a également dit que les Templiers usaient d'un code géométrique : l'octogone pour le Graal, le triangle surmonté d'une croix pour le Golgotha, le carré pour le Temple. Les cercles, eux, auraient symbolisé l'enfermement. L'identification des graffitis de Domme et leur prétendue justification historique sont basées sur de faux relevés et des méthodes d'interprétation des images et des documents très fantaisistes sans aucun fondement scientifique.

Ultérieurement, durant la guerre de Cent Ans, la bastide devient un lieu convoité par les Anglais. La première prise de la cité par ces derniers date de 1347. À plusieurs reprises, elle change successivement de mains entre les deux camps rivaux jusqu'en 1437, date de son retour dans le domaine français.

De nouvelles tribulations attendent le site durant les guerres de Religion. La bastide est prise en 1588 par Geoffroy de Vivans, capitaine protestant de la garnison de Castelnaud qui escalade, de nuit avec ses hommes, la falaise pour ouvrir les portes au corps principal de ses troupes. Toutefois, le succès des troupes catholiques est tel qu'il doit céder la bastide en 1592.

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Le calme à peine revenu, la bastide doit faire face à une jacquerie des croquants en 1594 puis ultérieurement en 1637.

Domme connaît la prospérité au XVIIe siècle puis périclite, ce qui a facilité la conservation de ses bâtiments historiques jusqu'à nos jours.

Au-dessous du village, une grotte magnifique est à découvrir. L'entrée se fait par la vieille halle, au centre.

D'après Wikipédia

 

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21 septembre 2016

MUSEE JUIF - BERLIN (Allemagne)

Le Musée Juif de Berlin (en allemand : Jüdisches Museum Berlin) est l'un des musées les plus grands d’Europe. Situé dans le quartier de Kreuzberg à Berlin, il est constitué par deux bâtiments abritant une exposition permanente et de nombreuses expositions temporaires retraçant deux millénaires d’histoire des juifs en Allemagne. Il accueille environ 700.000 visiteurs par an.

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La construction d'origine date de 1735, elle est commandé à l'architecte Philipp Gerlach par Frédéric-Guillaume Ier afin d'y abriter les services de l'administration royale. Puis il devient l'ancien siège de la chambre suprême de Prusse qui y siége jusqu'en 1913, date à laquelle la cour déménage à Schöneberg.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'édifice est sérieusement endommagé par les bombardements si bien que seuls les murs extérieurs résistent. Il est reconstruit en 1963, et le musée de la ville de Berlin prend possession des locaux en 1969. Il sert aujourd'hui d'entrée au musée juif. Les deux bâtiments sont reliés par un souterrain situé à plusieurs mètres de profondeur.

Le Glashof édifiée spécialement pour celui-ci entre 1993 et 1998 par l’architecte américain d'origine polonaise Daniel Libeskind, dont ce fut la première œuvre. Il est surnommé le Blitz (« éclair ») par les Berlinois à cause de son plan morcelé. 

Il est constitué essentiellement de béton brut (structure) et de métal (enveloppe en zinc) qui va changer de couleur après plusieurs années et  marquera encore plus les entailles des fenêtres. Le bâtiment tendra vers le bleu ou le vert. L'architecte a appelé son projet Between the lines - entre les lignes -, qui décrit la tension inhérente à l’histoire germano-juive selon deux lignes : une ligne droite et morcelée par des vides, une ligne tortueuse et ouverte à son extrémité. Au dehors se trouvent deux édifices : la « Tour de l'Holocauste » et le « Jardin de l'Exil ».

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Le sous-sol du musée est composé de trois axes qui s'entrecroisent et symbolisent le destin des Juifs au XXe siècle.

L'axe de l'Exil représente l'émigration. Il mène au « Jardin de l'Exil ». Bien qu'à ciel ouvert, il n'en reste pas moins clôturé par des murs très hauts. Cette sortie à l’air libre n’étant en effet qu'un semblant de liberté, puisque l'exil n’est pas choisi mais forcé. Le sol du jardin est incliné de 10 degrés sur son angle nord, de manière à ce que le visiteur soit désorienté et déstabilisé à chaque pas, comme l’est toute personne exilée contrainte de vivre dans un nouvel univers. Le jardin est composé de 49 piliers au sommet desquels sont plantés des oliviers, symboles de déracinement et d'arrachement à la terre natale, mais aussi symboles de paix et d'espoir. Le nombre de piliers s'explique par l'année de création de l'État d'Israël (1948), le 49ème pilier au milieu du jardin représentant l'Allemagne et la ville de Berlin. De plus, le chiffre 7 (7x7 = 49) est un chiffre biblique sacré.

L'axe de l'Holocauste représente la mort. Il mène à la « Tour de l'Holocauste », une tour de béton brut ouverte par une maigre entaille à son sommet d'où parvient la lumière extérieure. La tour communique avec le reste du bâtiment par les sous-sols. Daniel Libeskind n'a pas souhaité donner une interprétation particulière à cette tour, même si beaucoup de visiteurs la comparent à une chambre à gaz. La faible lumière parvenant du sommet est souvent comparée à l'espoir.

L'axe de la Continuité représente la vie. C'est l'axe le plus long du musée. Il représente la continuité de la présence juive en Allemagne et mène aux trois niveaux d'exposition du musée au travers d'un grand escalier rappelant l'échelle de Jacob.

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Le jardin de l'exil

Le musée comporte dans son architecture cinq espaces vides, nommés « voids » (de l'anglais void : vide). Ils représentent des espaces à part, où il n'y a rien à exposer, suite à la destruction d'une partie de la culture juive au travers de la Shoah. 

Un premier musée exposant la culture juive avait été est fondé à Berlin en 1934 mais sera fermé en 1938 pendant le régime nazi. L'idée de la réouverture d'un tel musée en Allemagne apparaît en 1971, puis prend forme en 1975 à travers la naissance d'une association qui promeut ce projet. Un concours est lancé en 1988. Le bâtiment est livré en 1999, et sera finalement inauguré en 2001. 

Des objets d'art, pour certains uniques tels un chandelier de Hanoucca réalisé en 1776 par le maître berlinois Georg Wilhelm Margraff, des lettres, des objets de la vie courante, des objets du culte en relation directe avec des éléments multimédia, des dessins d'enfants remplissent largement l'espace. Les scénographes veulent faire sentir la richesse de cette culture, sa diversité, mais aussi l'ampleur du choc qu'a représenté le nazisme allemand pour cette communauté.

10.000 visages découpés dans des disques d'acier jonchent le sol du Memory Void, l'un des deux espaces vides de l’édifice accessibles au public. L’artiste israélien Menashe Kadishman a dédié son œuvre non seulement aux Juifs assassinés durant la Shoah, mais aussi à toutes les victimes de la violence et de la guerre. Les visiteurs sont invités à marcher sur ces visages et à écouter les sons produits par les disques de métal qui s’entrechoquent.

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Le Rafael Roth Learning Center, situé au sous-sol du bâtiment, est un espace multimédia équipé d’ordinateurs qui propose aux visiteurs interviews, histoires et explorations approfondies d’objets venant compléter les expositions.

A voir un jour.

D'après Wikipédia

 

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20 septembre 2016

RAFAEL MONEO

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José Rafael Moneo Vallés, né le 9 mai 1937 à Tudela (Navarre), est un architecte espagnol.

Il fait ses études à l'ETSAM (Escuela Técnica Superior de Arquitectura de Madrid) et en sort diplômé en 1961. Il travaille d'abord dans le cabinet d'architecture de Francisco Javier Sáenz de Oiza pour la réalisation de plusieurs projets entre 1956-1961. Entre 1961 et 1962, il part au Danemark pour travailler avec Jørn Utzon à Hellebaek, l'auteur du célèbre opéra de Sydney.

En 1963, il reçoit une bourse de deux ans pour étudier à l'Académie de l'Espagne à Rome, séjour qui aura une grande influence sur son travail postérieur. Il retourne en Espagne en 1965 et devient professeur adjoint à l’École technique supérieure d'architecture de Madrid (1966-1970). En 1972, il est professeur de Elementos de Composición à l'ETSAB, ce qui l'amène à vivre pendant près de dix ans à Barcelone.

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Notre-dame-des-Anges, Los Angeles

Il enseigne ensuite l'architecture, en particulier à Harvard, aux États-Unis. Ses principales réalisations sont le palais Villahermosa de Madrid, le musée romain de Merida, l'extension de la gare ferroviaire d'Atocha à Madrid, l'usine Diestre Factory de Saragosse. Il travaille beaucoup aux États-Unis et construit la Cathédrale Notre-Dame-des-Anges de Los Angeles, le Davis Art Museum du Wellesley College (Massachusetts) et le Musée des beaux-arts de Houston au Texas.

Il est président du département d'architecture de la Graduate School of Design de Harvard de 1985 à 1990. Il obtient la Médaille d'or du mérite des beaux-arts du Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports espagnol en 1991, le prix Pritzker en 1996, le Prix de l'Union européenne pour l'architecture contemporaine Mies van der Rohe en 2001 et la Médaille d'Or du Círculo de Bellas Artes la même année.

En 1999 il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

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Maternité O'Donnell, Madrid

 

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19 septembre 2016

TEHERAN (Iran)

Téhéran est la capitale de l'Iran. Située au nord du pays, au pied des monts Elbourz, la ville représente environ 9.000.000 habitants ; et l'agglomération plus de 15.000.000.  

Téhéran accueille près de la moitié de l'activité industrielle du pays : industrie automobile, équipements électriques et électroniques, armement, textiles, sucre, ciment et produits chimiques. La ville et son bazar sont le pôle de commercialisation des tapis et meubles produits dans l'ensemble du pays.

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C'était jadis un village situé à sept ou huit kilomètres de la grande ville historique de Ray. C’était l'un des premiers villages du Nord de cette ville dont les habitants se réfugiaient à Shemiran, Qasran et dans les piémonts de l’Elbourz afin de fuir la chaleur du Sud désertique. Des traces de peuplement datant du Néolithique et même de périodes antérieures ont été découvertes sur le site de Téhéran et à Ray.

L'histoire de Téhéran est mieux connue à partir du moment où son nom est mentionné dans des écrits historiques, à partir du XIIIe siècle. Elle est alors décrite comme une ville commerciale importante, divisée en douze quartiers. L'habitat troglodytique ou semi-troglodytique est courant, offrant ainsi aux habitants un refuge contre l'insécurité régnant dans la ville. Ce type d'habitat se retrouve aussi dans le Nord de l'Iran afin de combattre les rigueurs de l'hiver.

L'économie de la ville à cette époque est basée sur le commerce de fruits et légumes qui poussent dans les jardins de la ville, alimentés par les cours d'eau en provenance de l'Alborz et des systèmes d'irrigation traditionnels.

Téhéran commence à prendre plus d'importance après la destruction de Ray par les Mongols en 1228. La ville souffre aussi de l'invasion, mais le déclin de Ray pousse ses habitants à venir s'installer à Téhéran qui offre plus de commodités avec ses jardins et ses canaux d'irrigation. Au XIVe siècle, c'est néanmoins Varamin qui est la ville la plus importante de la province, désormais mongole, composée de quatre départements, dont celui de Téhéran. 

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Don Ruy Gonzáles de Clavijo, un ambassadeur castillan, est probablement le premier Européen à visiter Téhéran, s'y arrêtant en juillet 1404, lors d'un voyage vers Samarcande (aujourd'hui en Ouzbékistan mais qui était alors la capitale mongole). Il décrit Téhéran comme une grande ville, équipée d'une résidence royale. Ray est décrite comme une ville abandonnée. La résidence royale est une résidence Timouride (mongols), et il apparaît que le palais a été construit au Nord de Téhéran. 

À partir de la période Timouride, la ville de Téhéran se développe vers le Nord, à la recherche d'air et d'eau plus purs. Ce mouvement profond est depuis cette époque une constante du développement historique de Téhéran, tendance qui a façonné la géographie sociale de la ville. C'est également à partir de cette époque que Téhéran acquiert toutes les principales fonctions urbaines.

Shah Tahmasp, second souverain de la dynastie safavide (iraniens), fait construire en 1553-1554 un bazar ainsi qu'un mur d’enceinte avec 114 tourelles (selon le nombre de sourates du Coran). Les raisons du choix des Safavides pour Téhéran sont multiples : le fait qu'un ancêtre des Safavides, Sayyed Hamza, soit enterré à Ray ou que Téhéran soit depuis plusieurs siècles un refuge pour les Chiites ont eu une importance ; mais c'est surtout les situations historiques qui ont poussé les Safavides à fortifier Téhéran. Shah Tahmasp avait déjà été obligé de déplacer sa capitale de Tabriz à Qazvin à cause des menaces ottomanes. La ville de Téhéran fortifiée, située à 150 km à l'Est de Qazvin, offrirait alors un bon refuge en cas de danger pressant. 

À l'époque des Safavides, Téhéran est un centre administratif régional. Cependant, la ville ne compte ni grande mosquée, ni fabrique, ni autre trace d'urbanisation de la part des Safavides.

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Le Grand Bazar

Chah Abbas II réside aussi à quelques reprises à Téhéran et s'y fait construire une résidence appelée Chāhār bāgh. Chah Suleyman y fait construire un secrétariat impérial (Divān Khāneh) dans le centre de la ville. C’est en ce lieu que l’ambassadeur du Sultan ottoman Ahmet III rencontre en 1721 Chah Sultan Hossein, dernier roi de la dynastie safavide avant l'invasion afghane. À la fin du XVIIIe siècle, Téhéran n'est donc plus une petite ville provinciale mais a déjà pris de l'importance pour les souverains iraniens.

En 1722, les troupes de Mir Mahmoud Hotaki (Afghans) envahissent Ispahan et l’Iran entre dans une période de troubles dont souffrent aussi Téhéran et sa région.

Sous la dynastie des Zand (Kurdes), Téhéran devient un centre militaire alors que les tribus Zand et Qadjar se battent pour prendre le pouvoir dans le pays. Entre 1755 et 1759 Muhammad Karim Khân envisage de faire de Téhéran la capitale du pays ; il fait construire des bâtiments dans l'enceinte du quartier royal. Finalement, il nomme Shiraz capitale du pays.

À la mort de Karim Khan en 1779, Téhéran est disputée entre Qafur Khan (fidèle aux Zands) et Agha Mohamad Khan Qajar. La ville tombe aux mains d'un allié des Qajars (Turkmènes, turcophones) en 1785, et Agha Mohamad Khan Qajar, premier roi de la dynastie, rentre dans la ville le 12 mars 1786 et en fait sa capitale. Téhéran doit son statut de capitale de l'Iran à l'époque Qadjare à des préoccupations géostratégiques : les Russes menacent les frontières Nord du pays et les Turcomans celles du Nord-Est. Téhéran bénéficie d'une situation privilégiée au carrefour de la route Est-Ouest qui longe le piémont de l'Elbourz et des voies menant aux oasis de l'Iran central et aux bassins du Fars.

Fath Ali Shah (1797-1834) est le premier bâtisseur de Téhéran. Il embellit l'Arg (quartier royal) et fait construire l'Emarat Bādgir et le Takht-e Marmar (palais de Marbre) au sein de celui-ci. Il construit également de nombreux bâtiments importants comme la Mosquée du Shah (Masjed-e Shah) à l'intérieur du Bazar et le Palais de Negarestan et de Lalezar. La ville attire de plus en plus d'habitants et la population double en 20 ans. Cependant, en 1834, à la fin de son règne, les constructions ne sont toujours pas achevées.

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Parc Fadaian

Sous Mohammad Shah (1835 - 1848) ont lieu les premières constructions en dehors des murailles. Des résidences princières et royales sont construites dans le Nord de Téhéran. De plus, des mosquées et des imamzadeh sont construits dans l'enceinte de la ville. Les témoignages des voyageurs étrangers qui sont passés à Téhéran à l'époque décrivent encore une ville « sans attraits18 ».

Nasseredin Shah (1848-1896) fait passer réellement Téhéran du statut de ville provinciale à celui de capitale. En 1870, il détruit les anciennes fortifications pour en faire construire de nouvelles. La nouvelle muraille prend alors une forme d'octogone irrégulier de 19,2 km de circonférence, et percée de 12 portes monumentales ornées de céramiques. Nasseredin Shah fait rénover de nombreux bâtiments et les qanats pour approvisionner la capitale en eau. Il mène de plus de grands travaux de type hausmanniens en perçant dans le centre de grandes avenues rectilignes et carrossables. De grandes places sont aussi construites, comme la place Tupkhāneh (place des canons). À la fin du règne de Nasseredin Shah, Téhéran a connu un remodelage important.

Téhéran, à l'époque des Qajars, se concentre autour du Bazar qui constitue le cœur de la ville. À quelques pas se trouve la cité royale avec la résidence du Shah et la cour. Au début du XXe siècle, Téhéran compte pratiquement 250.000 habitants, dont la majorité réside en dehors des murailles.

Avec la prise de pouvoir de Reza Shah Pahlavi (persanophone) en 1925, l'État devient un acteur majeur de l'architecture de Téhéran, dont la modernisation fait partie intégrante du programme voulu par le nouveau roi pour son pays. Les murailles construites par Nasseredin Shah sont détruites en 1932, laissant la place à des larges boulevards rectilignes ; une seule des portes subsiste à ce jour. Reza Shah fait appel à des architectes iraniens et étrangers pour construire de nombreux bâtiments officiels pendant les années 1930. De nombreux bâtiments étatiques nouveaux voient alors le jour : la poste, le bureau de télégraphe, le bureau de police, le ministère des Affaires étrangères, la gare de Téhéran, etc.

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Palais de Golestan

Après les travaux d'agrandissement et de modernisation de la ville, les nouvelles artères de la ville permettent la circulation automobile et transforment le tissu urbain.

En 1943, la ville accueille la Conférence de Téhéran, qui réunit le président américain Franklin D. Roosevelt, le chef d'État soviétique Joseph Staline et le Premier ministre britannique Winston Churchill. Cette conférence préfigure les décisions qui seront prises à l'issue de la Conférence de Yalta. Elle garantit l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Iran.

La ville se développe fortement après la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement à partir des années 1960. En 1966, la famille royale délaisse le quartier royal du centre de Téhéran pour aller s'installer à Niavaran ; la ville qui grandit devient plus étouffante et les souverains vont s'installer définitivement dans les quartiers Nord (les résidences du Nord étaient auparavant des résidences temporaires pour l'été).  

Le premier plan d'urbanisme de Téhéran est défini en 1969. Il prévoit la création de nouveaux quartiers d'habitation (Shahrak), de nouveaux quartiers industriels à l'Ouest de la ville vers Karaj, le déplacement du centre commercial et administratif en dehors des limites de la vieille ville, ainsi que la création d'un réseau d'autoroutes intra-urbaines plutôt dense, sur le modèle de Los Angeles.

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Retraite de Karim Khan

Dans les années 1970, l'économie de l'Iran est dopée par le « boom » pétrolier et les constructions nouvelles se font à un rythme rapide. Mohammad Reza Shah veut alors faire de Téhéran une ville à vocation internationale et prévoit des constructions à la hauteur de ses ambitions. À partir de 1975, les Pahlavi entament la construction d'une ville ultra-moderne de 554 ha au sein de Téhéran, nommée Shahestan Pahlavi (« cité royale Pahlavi »). Cette ville, destinée à devenir le centre et le symbole du pouvoir des Pahlavis, ne verra pas le jour : le projet s'arrête au stade de l'achat et de la viabilisation des terrains à cause de problèmes budgétaires et de la révolution iranienne.

En 1978, la révolution débute à Téhéran, à la suite d'une manifestation réprimée par l'armée en septembre. C'est au cours cette révolution qu'a lieu la crise iranienne des otages, qui débute le 4 novembre 1979 et dure 444 jours. Plus d'une cinquantaine d'otages restent enfermés dans l'ambassade américaine jusqu'au 20 janvier 1982. Les bâtiments de l'ambassade sont depuis occupés par les Iraniens, qui l'ont surnommé le « nid d'espions ». 

Durant la période révolutionnaire, l'habitat se développe à la périphérie des villes. Les nouveaux téhéranais construisent des logements sans permis, sur des terrains squattés ou achetés sans formalité. Les bâtiments sont modestes, mais de qualité honorable, organisés selon un plan d'ensemble souvent cohérent. Bernard Hourcade note que cette émergence des banlieues ne donne pas lieu à la construction de bidonvilles, sauf quelques petits îlots. Téhéran s'entoure d'une banlieue de villages habités par des citadins depuis la révolution iranienne, et certains des villages sont devenus de véritables agglomérations de 200.000 habitants en quinze ans.

Le « Grand Téhéran » est créé en 1986, mais sa gestion reste assez incohérente. Il n’existe aucune structure administrative ou financière à cette échelle, ce qui crée des difficultés entre la mairie de Téhéran et les banlieues qui n’ont pas de réalité administrative. Dorénavant, le développement du Grand Téhéran est mieux planifié. Des villes nouvelles ou lotissements, destinés à accueillir des dizaines de milliers de personnes et financés par les administrations ou les coopératives de logement voient le jour à trente ou quarante kilomètres du centre de Téhéran. Pour limiter l'afflux des migrants, les autorités de Téhéran y interdisent la construction d'usines, ce qui pousse les entrepreneurs à s'établir aux limites de la ville, influençant ainsi la répartition de la population. L'émergence de la banlieue de Téhéran est plus une conséquence de la redistribution de la population dans la région urbaine qu'une conséquence de l'augmentation de la population. En effet, la nouvelle banlieue proche de Téhéran est peuplée non par des migrants récents, mais par des habitants des quartiers misérables du Sud, qui voient dans ce déplacement en banlieue, pour un habitat de meilleure qualité, une promotion sociale. Néanmoins, ces banlieues restent marginales dans la mesure où les infrastructures et les équipements collectifs restent insuffisamment développés. La guerre Iran-Irak et les conflits internes qui l'ont suivie ont bloqué la planification urbaine.  

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Azadi Square

En mai 1985, Téhéran est touché pour la première fois depuis le début de la Guerre Iran-Irak en 1980. D'autres attaques auront lieu en 1988 au cours de ce qui a été appelé la « Guerre des villes ».

La ville continue de se moderniser, alternant quartiers historiques et quartiers modernes.

D'après Wikipédia

 

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18 septembre 2016

MARINA BAY SANDS - SINGAPOUR

Le Marina Bay Sands est un énorme complexe hôtelier de Singapour comportant 2560 chambres, un casino et un musée, situé face à Marina Bay.

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Imaginé par l'architecte Moshe Safdie, il a officiellement ouvert le 23 juin 2010. Il est formé de trois hôtels de 55 étages, surmontés d'une terrasse d'un hectare possédant la plus longue piscine en altitude du monde, avec un débordement de 146 m. 

Le casino, construit devant les tours, comporte 1000 tables à jeu et 1400 machines à sous. Le musée, en forme de lotus, a ouvert le 17 février 2011.

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17 septembre 2016

ARCHITECTURE MEROVINGIENNE (MOYEN-AGE)

À partir de la fin Ve siècle, l'avènement de la dynastie mérovingienne (481-754) a entraîné en Gaule des changements importants dans le domaine des arts. L'art antique classique va lentement se transformer au VIee siècle par le développement d'une culture chrétienne grâce à l'action des évêques et des monastères. La même transition se produira pour les autres arts.

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Baptistère Saint-Jean-de-Poitiers

Aucun monument mérovingien vraiment important n'est parvenu jusqu'à nos jours ; les grandes églises, les monastères, les bâtiments civils ont tous été remplacés par des monuments plus grands et de styles plus récents romans et gothiques. Seuls des cryptes souterraines (difficiles à reconstruire) et quelques baptistères (qui n'étaient plus beaucoup d'usage dans les périodes ultérieures en France), en mauvais état et souvent remaniés, sont les derniers et précieux témoignages pour nous donner quelques idées du style de l'architecture mérovingienne, bien que les décors d'origine y ont disparu ou ont été refaits. Quelques très rares églises ont partiellement subsisté, comme l'église Saint-Pierre de Vienne, mais c'est là une exception.

À l'époque mérovingienne l'architecture ne traduit plus un désir de construire de grands édifices robustes, ce qui contraste avec l'Antiquité romaine. La sculpture régresse au point de n'être plus qu'une simple technique d'ornementation des sarcophages, des tables d'autel ou du mobilier ecclésiastique.

Par contre, l'essor de l'orfèvrerie et de la peinture sur manuscrit entraîne une résurgence des éléments celtiques de décoration, qui, malgré les apports chrétiens et barbares, constituent le fond véritable de la création artistique mérovingienne.

À l'unité du royaume franc que réalisent Clovis (465-511) et ses successeurs correspond la nécessité de bâtir des églises, dont le plan est repris de celui des basiliques romaines.

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Cryptes de Jouarre (Seine-et-Marne)

Le besoin de nouveaux lieux de culte à souvent conduit le clergé à réemployer des bâtiments civils existants en les modifiant, temples comme le temple d'Auguste et de Livie à Vienne ou basiliques comme l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz. Les fouilles permettent de refaire apparaître les plans des églises construites à cette époque, comme le groupe cathédral de Genève, ou celui de Lyon avec l'église de l'évêque, l'église paroissiale et le baptistère.

Les grandes églises de plan basilical, qui comportaient une charpente en bois, ne résistèrent malheureusement pas aux incendies, accidentels ou allumés par les pirates normands, les Sarrasins ou les cavaliers hongrois lors de leurs incursions ainsi qu'au cours des luttes entre les différentes lignées mérovingiennes. Mais la plupart d'entre elles ont disparu avant tout par la volonté du clergé de construire des édifices plus "modernes". La description laissée par l'évêque Grégoire de Tours dans son Histoire ecclésiastique des Francs de la basilique Saint-Martin, construite à Tours vers 472, fait regretter la disparition de cet édifice qui fut l'une des plus belles églises mérovingiennes. L'église Saint-Pierre de Vienne offre un bon exemple de la typologie architecturale intérieure d'une basilique charpentée au vie siècle.

À Aix-en-Provence, Riez et Fréjus, trois baptistères, bâtis sur plan octogonal et couverts d'une coupole sur piliers, subsistent comme principaux témoignages d'une architecture en rotonde à plan centré qui s’inscrit dans la continuité de l'architecture paléochrétienne du Bas-Empire romain apparue sous l'Empereur Constantin : le baptistère du Latran et l'église Santa Costanza à Rome, l'ancien Saint-Sépulcre de Jérusalem et la monumentale basilique Saint-Laurent à Milan en sont les premiers exemples. Cette architecture paléochrétienne s'était d’ailleurs répandue dans tout le Bassin méditerranéen dans le Bas-Empire puis dans l'architecture byzantine, et on trouve ainsi des typologies architecturales très similaires et des liens étroits aussi bien en Orient qu'en Occident entre la fin de l'Antiquité et toute la première moitié du Moyen Âge (par exemple, le baptistère de Riez, dans les Alpes-de-Haute-Provence, rappelle celui de Saint-Georges d'Esrah en Syrie). Le baptistère de Venasque a probablement été bâti au moment où les évêques de Carpentras se sont réfugiés à Venasque.

Fort différent des baptistères provençaux, le baptistère Saint-Jean (VIe siècle), à Poitiers, a la forme d'un carré flanqué de trois absidioles. Il s'agit vraisemblablement d'un édifice antique remanié, ayant subi un grand nombre de transformations, mais qui conserve dans sa décoration (chapiteaux de marbre) un caractère mérovingien.

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Baptistère Saint-Jean-de-Venasque

Parmi les cryptes, très nombreuses en raison de l'importance du culte des saints à cette époque, seules demeurent quelques-unes comme celles de la basilique Saint-Seurin de Bordeaux, de la crypte Saint-Oyand de l'église Saint-Laurent de Grenoble et de l'abbaye de Jouarre (VIIe siècle).

L'architecture mérovingienne a aussi développé les basiliques funéraires, aujourd'hui disparues, comme l'église Saint-Martin d'Autun édifiée vers 590 par la reine Brunehaut ou l'église des Saints-Apôtres de Paris (devenue l'église Sainte-Geneviève) construite par Clovis pour recevoir les reliques de sainte Geneviève et où il fut enterré. Certaines de ces basiliques funéraires avaient été reliées à des mausolées, à Saint-Martin d'Autun pour la reine Brunehaut, à Jouarre pour la famille d'Agilbert. L'hypogée des Dunes de Poitiers est une survivance de l'Antiquité.

Après les premières fondations d'abbaye par Saint Martin - abbaye de Ligugé et abbaye de Marmoutier - c'est à l'époque mérovingienne qu'on a assisté à un début du développement des monastères. Dans le nord de la France, c'est le moine irlandais Colomban, avec ses disciples, qui ont joué un rôle important après la fondation de l'abbaye de Luxeuil. On peut aussi citer l'abbaye de Condat créé vers 425 par saint Romain. Au sud on trouve des personnalités fortes comme Jean Cassien à l'origine de l'abbaye Saint-Victor de Marseille et Saint Honorat à l'abbaye de Lérins où se retira Saint Césaire vers 490. En Italie, c'est Saint Benoît qui va fonder le monastère de Subiaco et celui du Mont-Cassin et poser les premières règles de l'ordre bénédictin. Ces abbayes vont progressivement essaimer en France de nombreux monastères. Progressivement la culture tardo-antique classique qu'a apprise Sidoine Apollinaire, Venance Fortunat, la famille de Grégoire de Tours, va être remplacée par la culture chrétienne enseignée à l'intérieur des monastères et auprès des évêques.

D'après Wikipédia

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16 septembre 2016

LE MANS (Sarthe)

Le Mans est située à l'ouest de la France, dans la région des Pays de la Loire.  

En 2013, la ville comptait 145.000 habitants. Économiquement, la cité est marquée par les Mutuelles du Mans Assurances, l'industrie automobile (usine Renault ACI) et ses technopôles Novaxis, l'université-Ouest et le Technoparc.

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Les premières traces humaines sur le sol du Mans datent d'environ 4000 ans av. J.C. Au sommet de la butte est dressé un menhir millénaire, le menhir de la Pierre au Lait. Le culte chrétien prend place sur le lieu même des anciens cultes païens. Ces premiers peuples peu connus sont assimilés par des Celtes : les Aulerques qui s'installent entre Loire et Seine. Une tribu naît alors : les Cénomans. Parmi les autres Aulerques, on trouve les Diablintes (en Mayenne) et des Eburovices (Normandie). Les Aulerques cénomans sont des bâtisseurs, agriculteurs et commerçants importants. Le trésor des Sablons, trouvé au sud du Mans dans le quartier éponyme, a prouvé l'importance du commerce dans la ville avant même l'arrivée des troupes romaines en Gaule et que les productions monétaires cénomanes existaient avant même le premier siècle de notre ère. Jules César relate dans sa Guerre des Gaules que les Cénomans envoient 5000 hommes à Vercingétorix pour le combattre, soit un quart de tous les combattants de l'Ouest de la Gaule. Le chiffre atteste de la puissance des Cénomans parmi les autres peuplades de l'Ouest.

Vindunum est la capitale des Aulerques cénomans. Elle est conquise en -56 par les troupes romaines et prend dès lors le nom de Civitas Cenomanum ou Civitas Cenomanensis (la cité des Cénomans) qui devient Celmans, Cel Mans, puis Le Mans. Les grandes traces des premières occupations romaines apparaissent en marge de la vallée du ruisseau d'Isaac, à l'est du Vieux-Mans. Dès le milieu du Ier siècle, la ville se romanise. La paix apportée par les Romains profite à l'expansion de la ville et déjà des faubourgs se placent sur la rive droite de la Sarthe. Deux aqueducs sont bâtis afin de fournir de l'eau aux habitants de la ville. Par la suite, on construit des thermes ainsi qu'un forum (actuelle place Saint-Michel) et un amphithéâtre (actuels quinconces des Jacobins). À la fin du IIIe siècle, la ville est entourée d'une enceinte pour pouvoir faire face aux invasions barbares. La ville est toutefois prise au cours du Ve siècle par les Francs.

Dès le Ve siècle, Clovis renverse le roi Rignomer pour rattacher son domaine au royaume de France. La situation géographique de la ville en fait un lieu de convergence principal de deux grandes routes de Neustrie. Afin de s'assurer un contrôle total, les Mérovingiens placent des hommes de confiance à l’évêché de la ville, afin de mieux la contrôler. Charlemagne en fait à son tour une place forte d'entrée dans la marche de Bretagne. La citadelle du Mans devient ensuite une place forte de la nouvelle frontière de l’empire franc.

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Au XIe siècle, la ville a fort à faire contre des envahisseurs en tout genre. Après les Bretons, repoussés de justesse, ce sont les Vikings qui remontent la Loire, la Maine puis la Sarthe pour se présenter aux portes du Mans. Par deux fois, en 844 puis en 865, ils parviennent à piller la ville sans pour autant la détruire, ni elle ni la muraille. C'est ensuite le temps de la conquête normande. Les inimitiés entre Normands et Manceaux sont vigoureuses pendant de très nombreuses décennies : la majorité des Manceaux se déclare du parti angevin.

Après la conquête de la ville vers 1060, Guillaume le Conquérant constate que le peuple manceau est très révolté. Il décide de s’installer durablement dans la ville. Pour ce faire, il érige le donjon et fait construire deux mottes surélevées : le grand et le petit Barbet. Sur le Petit Barbet, déjà terrain d’entrainement militaire gallo-romain, est bâti le lycée Montesquieu. Au sud de la vieille ville, il modifie l'entrée depuis le faubourg Saint-Nicolas, et fait recréer par la même occasion la collégiale Saint-Pierre-la-Cour. 

Geoffroy Plantagenêt le Bel reçoit en 1129, le comté du Maine à titre héréditaire, avec les comtés d'Anjou et de Touraine. Il règne sur ces territoires de 1128 à 1151. En 1128 il épouse au Mans Mathilde d'Angleterre, petite-fille de Guillaume. Elle lui apporte par son ascendance non seulement la Normandie, mais en plus les espérances de régner un jour sur le trône d'Angleterre. Leur fils Henri naît au Mans en 1130. C'est lui qui devient roi d'Angleterre en 1154, sous le nom d'Henri II. Il administre l'empire Plantagenêt depuis Angers et Chinon, son domaine est plus grand que celui du roi de France, alors qu'il en est le vassal. Mais l’empire Plantagenêt s'achève par la défaite du Mans face au Capétien Philippe Auguste en 1189. Celui-là remet la ville en douaire à la veuve de Richard Cœur-de-Lion, Bérengère de Navarre. Peu appréciée au sein même de la ville dont elle est censée être maîtresse, elle doit se méfier de tout et de tout le monde. Pour elle, les 26 années passées seule au Mans sont des années d'exil. Elle passe la majeure partie de sa vie au palais royal Plantagenêt. Elle est la commanditaire de l'abbaye de l'Epau dès 1229, où elle fait entrer les moines cisterciens.

Les remparts, toujours debout, empêchent les Anglais menés par le duc de Lancastre de prendre la ville en 1356. Du Guesclin entre au Mans en 1370. 

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Abbaye d'Epau

Après Azincourt, le traité de Troyes en 1420 met tout le comté sous domination anglaise. La ville est le lieu de tous les excès. Les actes de résistance sont sévèrement punis. La ville ne redevient territoire français qu'en 1448. Le dernier comte du Maine, Charles V, meurt en 1481. Ses biens sont légués au roi de France, Louis XI. Le Maine revient donc au domaine royal. 

La ville conserve aujourd'hui un certain nombre d'édifices bâtis entre le XVIe et le XVIIe siècle. Mais l'essor économique et culturel de la ville est stoppé dans la seconde moitié du XVIe siècle à cause des guerres de religion

Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par le développement de la production de cire et de textile. La qualité de la cire du quartier du Pré est reconnue et recherchée jusque dans les grandes cours européennes. De nouveaux « quartiers bas » voient le jour. Sales et lugubres, il faudra attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour les voir disparaître à l'image des quartiers de Gourdaine ou du faubourg des Tanneries.

Après la révolution, l'armée vendéenne atteint Le Mans le 10 décembre 1793. Cette réussite est de courte durée et, bientôt, les Vendéens, désorganisés, sont contraints de se replier sur Laval. L'affrontement sanglant verra le massacre de milliers de personnes entre Le Mans et Laval. 10.000 à 15.000 Vendéens sont tués, parfois lors d'atrocités qui n'auront d'égales que les Colonnes infernales qui suivront, et qui tranchent avec le calme relatif avec lequel la cité cénomane traversera la Révolution de 1789 puis l'Empire.

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Place Saint-Nicolas

Avec l’essor de l’automobile, Georges Durand fonde l’Automobile club de la Sarthe qui devient bientôt l’Automobile Club de l'Ouest. Il organise un premier grand prix en 1906, ancêtre de la célèbre course des 24 heures du Mans. C'est au Mans, avec Ariste Jacques Trouvé-Chauvel, un autre passionné d'automobile que passe la création des premières banques décentralisées et la Société d'assurance Mutuelles dès 1841, inertie donnant plus tard naissance aux groupes d'assurances, de banques et de mutualités.

Le 19 juin 1940, les Allemands s'emparent de la ville. Elle est libéré le 8 août 1944. Un bunker utilisé par l'état-major de la Wehrmacht a pu être conservé. Sa réhabilitation a eu lieu en 2014, avant les festivités du soixante-dixième anniversaire du Débarquement de Normandie et de la Libération.

D'après Wikipédia

 

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15 septembre 2016

BELVOIR CASTLE - LEICESTERSHIRE (UK)

Belvoir Castle est toujours utilisé par la famille Manners et reste le siège des ducs de Rutland, dont la plupart sont enterrés dans l'enceinte du mausolée. Le château est cependant ouvert aux visiteurs.

Ce fut à l'origine un château normand construit par Robert de Todeni.

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Belvoir devient manoir royal jusqu'à ce qu'il soit accordé à Robert de Ros en 1257. Lorsque cette branche familiale s'éteint en 1508, le château passe à George Manners. Son fils est nommé premier comte de Rutland en 1525.

John Manners, 9e comte de Rutland commence la construction d'un nouveau château en 1528. Pendant la guerre civile anglaise , il est l'un des bastions les plus notables des partisans du roi. En 1649, le château est détruit par les parlementaires.

Un nouveau bâtiment est érigé lancé en 1654 conçu par l'architecte John Webb et les travaux sont terminés en 1668. John Manners, 9e comte de Rutland, est créé duc de Rutland en 1703.

Belvoir appartient à la famille Manners depuis cinq cents ans. Le château est reconstruit dans le style néo-gothique par James Wyatt entre 1799 et 1816, mais le 26 octobre 1816, il est presque entièrement détruit par un incendie. Il est reconstruit à nouveau dans le même style par la femme du 5e duc et achevé par 1832. L'architecte Sir James Thornton est le principal concepteur de cette reconstruction ; il ressemble à un château médiéval, et sa tour centrale rappelle le château de Windsor. C'est l'aspect qu'il a aujourd'hui.

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C'est ici qu'est née le traditionnel Tea Time ! En visite au château de Belvoir dans les années 1840, Anna Russell, duchesse de Bedford constate que l'heure du dîner est à 19/20 heures. Pour tenir entre le petit déjeuner et le dîner, on fait un repas très léger, le déjeuner, mais dans l'après-midi les gens ont faim... La duchesse organise une collation autour du thé (habituellement Darjeeling) avec des gâteaux et des sandwiches ; l'équilibre parfait est trouvé ! Elle propose cet arrangement partout et fait des émules. Le tea time ou high tea devient rapidement un repas établi et convivial dans les classes moyennes et aristocratiques.

Le nom Belvoir vient du français, puisque le domaine fut d'abord normand ; mais la population anglo-saxonne n'arrivait pas à prononcer le mot correctement et l'appelaient Castle Beaver (castor) - un usage qui persiste aujourd'hui.

Beaucoup de tournages ont lieu au château. Mi-août, il organise un spectacle pyrotechnique et une compétition de feux d' artifice. 

 

 

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